Les 78 guichets uniques de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), déployés à travers le pays dans le cadre de la campagne labours-semailles 2026-2027, enregistrent une affluence croissante des agriculteurs. Ce dispositif vise à faciliter l’accès aux semences, aux engrais et aux financements nécessaires au déroulement de la campagne, a indiqué un responsable de l’Office.

Mis en place au niveau des Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS), ces guichets regroupent des représentants des coopératives, de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) et de la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA). Ils permettent aux céréaliculteurs d’accomplir leurs démarches administratives et d’accéder aux différents mécanismes de financement et aux intrants agricoles dans de meilleures conditions, a précisé à l’APS le chargé de l’information à l’OAIC, Mohamed Saâdaoui.
Pour financer leurs activités, les agriculteurs peuvent recourir à l’autofinancement ou au crédit « Rfig », proposé par la BADR et accessible au niveau de chaque guichet unique. Un mécanisme de crédit fournisseur est également prévu au profit des agriculteurs affectés par les aléas climatiques ou les incendies et rencontrant des difficultés à obtenir des crédits bancaires. Ce dispositif leur permet d’acquérir les semences nécessaires, dont le coût est déduit de leur récolte à la fin de la campagne, sous la supervision de commissions spécialisées au niveau des wilayas.
L’accompagnement des agriculteurs s’appuie également sur un dispositif logistique et technique mobilisé en amont du lancement des semis. Selon M. Saâdaoui, les opérations préparatoires débutent dès juillet, pendant la période des moissons-battages, avec la réception des semences céréalières auprès des multiplicateurs. Les semences sont ensuite préparées et réparties en fonction des superficies à emblaver et des besoins exprimés par les wilayas, en prévision du lancement de la campagne, généralement à la fin septembre et au début octobre.
Les besoins prévisionnels pour la campagne 2026-2027 sont estimés à 2,5 millions de quintaux de semences de blé dur, de blé tendre, d’orge et de triticale. L’OAIC dispose toutefois d’un volume de 3,5 millions de quintaux, permettant de couvrir les besoins annoncés, a indiqué le même responsable. Il a rappelé que l’Algérie assure son autosuffisance en semences céréalières depuis 1995, sans recourir à leur importation.
Dans le but de renforcer davantage les capacités nationales de production, l’Office prévoit la réception prochaine de 20 nouvelles stations de semences dotées de technologies de tri optique. Ces équipements viendront s’ajouter aux 100 stations existantes et contribueront à améliorer les opérations de tri et de préparation des semences.
Outre les semences, l’OAIC veille également à la disponibilité des autres intrants agricoles, notamment les engrais et les produits phytosanitaires, dans les délais requis. L’entreprise publique AgroDrive participe, pour sa part, à la campagne à travers la mobilisation d’équipements et de moyens de mécanisation modernes destinés à soutenir les agriculteurs, en complément du matériel déjà disponible.
Des capacités de stockage en hausse
Le renforcement des moyens logistiques concerne également les infrastructures de stockage des céréales. L’OAIC dispose actuellement de 350 centres de stockage de proximité, d’une capacité de 50.000 quintaux chacun. Ces infrastructures ont contribué, lors de la dernière campagne des moissons, à rapprocher les capacités de stockage des zones de production et à faciliter la collecte des récoltes, a souligné M. Saâdaoui.
Le programme de développement des infrastructures comprend également la réalisation de 35 silos à grains, d’une capacité d’un million de quintaux chacun. Trente de ces projets sont en cours de réalisation, tandis que le lancement des cinq autres est prévu prochainement. À ces installations s’ajoutent 16 silos métalliques, dont les capacités varient entre 100.000 et 200.000 quintaux chacun, et dont la réception est programmée progressivement dans plusieurs wilayas.
La réalisation de ces projets devrait porter les capacités globales nationales de stockage à plus de 9 millions de tonnes, renforçant ainsi les moyens de conservation des récoltes et la constitution d’un stock stratégique de céréales.
L’encadrement technique constitue un autre volet de l’accompagnement assuré par l’Office. À ce titre, quelque 700 ingénieurs agronomes et techniciens agricoles interviennent dans les opérations de contrôle, de nettoyage et de traitement des céréales et des semences, en coordination avec les coopératives de céréales et de légumes secs.
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