L’Algérie et le Sénégal entendent donner un nouvel élan à leurs relations bilatérales, en mettant l’accent sur le développement des échanges économiques, les investissements et la coopération énergétique. La sixième session de la Grande Commission mixte algéro-sénégalaise, tenue mardi à Alger après près de trois décennies d’interruption, s’est ainsi achevée par la signature de 15 accords et mémorandums d’entente destinés à renforcer le cadre juridique de la coopération entre les deux pays.

Coprésidée par le Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et son homologue sénégalais, Cheikh Niang, cette session marque la reprise d’un mécanisme institutionnel interrompu depuis mars 1997. Dans son allocution, Attaf a souligné la nécessité de bâtir un partenariat « plus dynamique et plus durable », en s’appuyant sur les liens historiques entre les deux pays. « Notre responsabilité aujourd’hui ne se limite pas à reprendre le cours de ce qui a été interrompu. Elle consiste également à nous appuyer sur les acquis et les liens qui nous unissent afin d’ouvrir une nouvelle étape de notre partenariat, davantage en phase avec les intérêts de nos deux pays », a-t-il déclaré. Le ministre a également mis en avant l’intensification des échanges entre les dirigeants et des visites ministérielles, réaffirmant l’attachement de l’Algérie à un dialogue politique régulier, fondé sur la franchise et le respect mutuel.
Sur le plan économique, Ahmed Attaf a relevé que les échanges commerciaux entre l’Algérie et le Sénégal restaient en deçà de leur potentiel. « Nous estimons que la prochaine étape devrait être axée sur la valorisation effective de ces acquis et l’exploitation de l’ensemble des avantages offerts par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », a-t-il affirmé, appelant à accroître les échanges et à promouvoir les investissements croisés. Il a rappelé que, depuis 2023, l’Algérie a renforcé sa présence au Sénégal avec l’ouverture d’une banque à Dakar, la création d’un espace permanent d’exposition de produits algériens, le développement des liaisons aériennes et le lancement d’une ligne maritime. Dans le même esprit, il a plaidé pour la réactivation du Conseil d’affaires algéro-sénégalais, afin de rapprocher les entreprises, d’identifier les opportunités d’investissement et d’assurer le suivi des projets communs.
La coopération énergétique constitue un autre axe prioritaire, le Sénégal pouvant bénéficier de l’expérience algérienne dans les hydrocarbures, les infrastructures et le transfert de technologies. « Nous souhaitons que les échanges en cours puissent déboucher sur des projets concrets, notamment à travers le développement du partenariat entre Sonatrach et PETROSEN, ainsi qu’entre Sonelgaz et SENELEC », a souligné Ahmed Attaf. Le ministre a par ailleurs insisté sur la formation et le renforcement des compétences. « Je tiens à réaffirmer la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son soutien à la formation des cadres et des étudiants sénégalais, ainsi qu’à renforcer les échanges entre les universités, les centres de recherche et les établissements de formation de nos deux pays », a-t-il indiqué, en privilégiant notamment l’énergie, l’industrie et les nouvelles technologies.
La coopération algéro-sénégalaise couvre également les domaines culturel, scientifique et spirituel, avec la promotion des échanges et du tourisme spirituel vers des sites historiques comme Aïn Madhi et Bou Semghoun. À l’échelle africaine, Ahmed Attaf a plaidé pour le renforcement de l’intégration continentale, la mise en œuvre de la ZLECAf et le développement des chaînes de valeur, afin de stimuler les échanges intra-africains. Enfin, il a appelé à traduire les engagements en résultats concrets, grâce à la mise en œuvre des accords et au suivi des décisions. « Notre ambition commune peut se résumer en trois orientations claires : davantage de dialogue politique, un meilleur encadrement de nos relations bilatérales et des résultats plus concrets en matière de coopération bilatérale », a-t-il résumé.
Par Selma R.



