Le marché financier algérien a enregistré en 2025 une progression notable, marquée par la hausse de la capitalisation boursière, l’intensification des transactions et la diversification des instruments de financement. Selon le rapport annuel de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), cette dynamique s’est notamment traduite par l’introduction de la Banque de développement local (BDL) en Bourse et par l’émission de nouveaux emprunts obligataires. Elle s’inscrit dans un contexte de réformes visant à renforcer le rôle du marché des capitaux dans le financement de l’économie nationale.
À fin décembre 2025, la capitalisation boursière a atteint 744,5 milliards de dinars (mds DA), contre 521,7 mds DA en 2024, soit une progression de 42,8 %. Elle représente ainsi près de 2 % du produit intérieur brut (PIB). Cette évolution s’explique notamment par l’élargissement de la cote et par la valorisation des titres admis à la négociation. L’activité transactionnelle a, elle aussi, connu une forte accélération : le volume des titres échangés s’est établi à plus de 7,77 millions, en hausse de 498,2 % sur un an, tandis que leur valeur a atteint 15,02 mds DA, soit une progression de 443,9 %. Au total, 6 544 transactions ont été réalisées durant l’exercice. L’introduction en Bourse de la BDL sur le compartiment principal a constitué l’un des faits marquants de l’année. Ce compartiment compte désormais six sociétés : la BDL, EGH El Aurassi, Saidal, Alliance Assurances, Biopharm et le Crédit populaire d’Algérie (CPA). L’activité demeure toutefois concentrée sur les valeurs bancaires. Le CPA représente à lui seul 54,6 % du volume et 63,9 % de la valeur des échanges, et la BDL en a assuré 32 % du volume.
La diversification du marché s’est également illustrée par l’émission de trois emprunts obligataires côtés, pour un montant cumulé de 22 mds DA. Tosyali Algérie a levé 15 mds DA, tandis qu’Arab Leasing Corporation et Maghreb Leasing Algérie ont émis respectivement 3 et 4 mds DA, à un taux de 5,65 %. Le marché des obligations assimilables du Trésor (OAT) a lui aussi enregistré des volumes importants. Les émissions primaires ont totalisé 569,68 mds DA en 2025, et les échanges sur le marché secondaire ont porté sur 601 857 titres pour une valeur de 570,66 mds DA, répartis sur 427 transactions, en hausse de 67,8 % par rapport à 2024. Parallèlement, le financement des petites et moyennes entreprises (PME) par le capital-investissement a poursuivi sa progression. Les cinq sociétés de capital-investissement en activité détenaient 184 participations, en hausse de 8,8 %, pour une valeur globale de 10,96 mds DA, soit une augmentation de 37,5 % sur un an. L’année a également été marquée par la création du premier Fonds commun de placement à risque (FCPR), « Afiya Investments », doté d’une capacité d’investissement de 3 mds DA.
La participation des investisseurs constitue un autre indicateur à suivre. Le nombre de comptes-titres ouverts auprès des teneurs de comptes-conservateurs a atteint 81 520, dont 79 328 détenus par des personnes physiques. Cette prédominance des investisseurs individuels témoigne du rôle central des épargnants dans le développement du marché. Sur le plan réglementaire, la COSOB a poursuivi le renforcement du cadre de supervision en publiant trois règlements et huit instructions. Elle a aussi renforcé son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, avec neuf missions de supervision sur place et des sanctions à l’encontre de quatre entités assujetties. Malgré ces avancées, le marché financier algérien reste confronté à un défi majeur : accroître sa liquidité et sa profondeur afin de mieux répondre aux besoins de financement des entreprises. La poursuite de la diversification des instruments, l’élargissement de la cote et le renforcement de la participation des investisseurs constituent ainsi des leviers essentiels pour consolider sa contribution au financement de l’économie nationale.
Par Selma R.



