29/07/2026
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De l’immense potentiel à la concrétisation des projets… Les défis de l’énergie solaire en Algérie

L’Algérie dispose de l’un des plus importants potentiels solaires au monde. Pourtant, le véritable défi ne réside plus dans l’abondance de la ressource, mais dans la capacité à convertir cet avantage naturel en projets viables, financés et intégrés au réseau électrique. C’est en effet le principal enseignement d’une analyse publiée par la revue spécialisée « PV Magazine», à la suite d’une rencontre organisée par la Middle East Solar Industry Association (MESIA), consacrée aux perspectives du marché solaire algérien.

Longtemps présentée comme un pays doté d’un potentiel solaire exceptionnel grâce à un ensoleillement abondant, de vastes espaces disponibles et une proximité géographique avec le marché européen, l’Algérie entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement énergétique. Selon l’analyse publiée par PV Magazine, le débat ne porte plus aujourd’hui sur les ressources naturelles du pays, mais sur sa capacité à transformer ce potentiel en projets bancables, techniquement réalisables et capables d’attirer durablement les investisseurs. Pour les experts réunis par la Middle East Solar Industry Association (MESIA), le succès de la transition énergétique algérienne dépendra désormais de plusieurs facteurs structurants à savoir la qualité du cadre réglementaire, la conception des appels d’offres, la disponibilité des infrastructures de transport d’électricité, ainsi que la capacité du pays à mobiliser les financements nécessaires pour concrétiser ses ambitions.

Le solaire, un levier de valorisation du gaz naturel

L’analyse a souligné que la transition énergétique en Algérie répond à une logique différente de celle observée dans d’autres pays d’Afrique du Nord. Elle s’appuie sur un modèle où le gaz naturel demeure au cœur de son système énergétique. Dans ce contexte, le développement du solaire apparaît davantage comme un moyen de préserver les ressources gazières destinées à l’exportation ou à des usages industriels à plus forte valeur ajoutée que comme une simple réponse aux impératifs climatiques.

Selon Boukhalfa Yaici, directeur de l’Algeria Green Energy Cluster, chaque mégawattheure produit à partir du solaire ou de l’éolien représente autant de gaz naturel économisé. Les énergies renouvelables deviennent ainsi un instrument de souveraineté énergétique, de diversification du mix électrique et d’amélioration de la compétitivité des exportations énergétiques dans un contexte mondial marqué par la décarbonation.

Il est à rappeler que l’Algérie s’est fixé un objectif de 15 GW de capacités photovoltaïques, dont environ 3,2 GW sont actuellement en cours de réalisation dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux. Toutefois, l’article rappelle que près de 99 % de la production nationale d’électricité provient encore du gaz naturel, tandis que la consommation intérieure continue de progresser.

Dans ces conditions, le véritable enjeu n’est plus l’ambition affichée, mais la rapidité de mise en œuvre des projets, leur financement et la capacité des institutions à assurer leur exécution dans les délais.

L’analyse estime que le modèle actuellement privilégié, reposant principalement sur des projets financés et portés par Sonelgaz avant leur réalisation par des entreprises EPC, a permis de lancer les premiers programmes. Néanmoins, cette approche fait peser l’essentiel du financement sur les finances publiques. Pour franchir une nouvelle étape, les experts estiment que le recours à des producteurs indépendants d’électricité (IPP), à des contrats d’achat d’électricité de longue durée (PPA) et à des mécanismes de rémunération plus lisibles pourrait favoriser une plus grande mobilisation des capitaux privés.

Par ailleurs, “PV Magazine” considère que la réussite du programme solaire dépendra de l’amélioration de l’environnement des affaires. L’accès au foncier, les procédures d’autorisation, les délais de raccordement au réseau électrique, la transparence des appels d’offres ainsi que la stabilité du cadre réglementaire constituent autant d’éléments déterminants pour sécuriser les investissements sur des projets dont la durée de vie dépasse généralement vingt à trente ans.

La même analyse souligne que la disponibilité des infrastructures électriques représente un facteur décisif. Les régions disposant du plus fort potentiel solaire étant souvent éloignées des principaux centres de consommation, le renforcement du réseau de transport, la construction de nouvelles sous-stations et le développement de capacités de stockage devront accompagner le déploiement des centrales photovoltaïques.

Le stockage, un maillon stratégique

Les participants à la rencontre organisée par la MESIA ont estimé que les batteries deviendront progressivement un élément incontournable du système électrique algérien. Ces équipements permettront de stabiliser le réseau, de mieux gérer les pics de consommation et d’améliorer l’intégration des énergies renouvelables intermittentes.

Le stockage pourrait également jouer un rôle majeur dans le développement de zones industrielles alimentées par une énergie propre ainsi que dans les futurs projets photovoltaïques implantés dans les régions désertiques. L’étude met également l’accent sur la politique de contenu local engagée par les autorités algériennes. Si le programme national prévoit un taux minimal de 35 % d’intégration locale, les experts estiment que cet objectif ne produira ses effets que s’il s’accompagne d’un véritable développement industriel.

L’enjeu dépasse la simple participation des entreprises nationales aux chantiers. Il s’agit de construire une filière capable de développer des compétences en ingénierie, de former une main-d’œuvre qualifiée, de structurer une chaîne locale de fournisseurs et, à terme, de favoriser l’émergence d’une industrie nationale des équipements solaires.

Enfin, l’analyse a rappelé que les ambitions de l’Algérie dans le domaine de l’hydrogène vert dépendront directement de la réussite du programme photovoltaïque national. Selon les experts, le développement de cette nouvelle filière nécessitera les mêmes prérequis : une production abondante d’électricité renouvelable à faible coût, un cadre d’investissement attractif, des infrastructures électriques performantes et une coopération internationale durable.

Par Zahir R.

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