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Développement de la pétrochimie: Sonatrach mise sur quatre projets clés d’ici 2027

Sonatrach entend accélérer le développement de l’industrie pétrochimique en s’appuyant sur quatre projets structurants. Trois sont en cours de réalisation et le quatrième est en phase d’étude d’ingénierie. Financés sur fonds propres, ces investissements visent à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la production nationale et à développer de nouvelles chaînes de valeur industrielles. C’est ce qui ressort de la table ronde organisée samedi par l’association nationale « Club Energy ».

La stratégie de développement de la pétrochimie figure parmi les priorités de Sonatrach, qui ambitionne de mieux valoriser les ressources nationales en hydrocarbures et de substituer progressivement la production locale aux importations. Intervenant lors de cette rencontre consacrée aux perspectives de la filière pétrochimique en Algérie, la directrice de la planification et de la performance de l’activité raffinage à Sonatrach, Safia Ourari, a présenté les principaux projets inscrits dans le portefeuille du groupe.

Le premier projet porte sur la valorisation du méthanol et du butane, avec une mise en production prévue en 2027. Deux autres complexes sont actuellement en construction : l’un est consacré à la valorisation du propane, l’autre à la production de kérosène et de benzène. Le quatrième projet concerne la réalisation d’un complexe de production d’éthylène, qui en est à l’étude d’ingénierie. Entièrement financés sur les ressources propres de Sonatrach, ces quatre investissements répondent à une logique de transformation locale et de création de valeur ajoutée. « Nous travaillons à définir nos choix en matière de projets pétrochimiques en fonction des grandes orientations du pays et des besoins prioritaires, notamment les matières premières qui représentent une part importante de nos importations », a expliqué Safia Ourari.

L’ampleur du défi apparaît dans les volumes d’importations enregistrés. Entre 2010 et fin 2025, l’Algérie a importé près de 38 millions de tonnes de produits pétrochimiques, tous types confondus. Aujourd’hui, la production nationale ne couvre qu’environ un tiers de la demande intérieure, le reste étant satisfait principalement par les importations. Pour la responsable de Sonatrach, la disponibilité des matières premières, l’accès aux technologies et la mobilisation des capitaux sont des paramètres déterminants dans le choix et la concrétisation des projets. Elle précise que les investissements pétrochimiques offrent des taux de rentabilité interne pouvant dépasser 15 %, voire atteindre 18 %. La création de valeur ne se mesure cependant pas uniquement aux performances financières : elle doit aussi être appréciée en fonction des emplois générés et des retombées sur le tissu industriel national. Les grands projets pétrochimiques exigent généralement sept à huit ans de réalisation, mais leurs effets sur l’emploi et le développement économique peuvent être importants.

Outre la réalisation de grands complexes, Sonatrach souhaite favoriser l’émergence d’un réseau d’entreprises nationales actives dans la transformation. Le groupe ambitionne ainsi de devenir le fournisseur de matières premières des petites et moyennes entreprises, appelées à développer les produits dérivés et les autres maillons de la chaîne de valeur. « Notre objectif est de développer des complexes industriels de dimension internationale, plutôt que de continuer à exporter des matières premières sans transformation », a indiqué Safia Ourari, qui insiste sur la nécessité de mieux valoriser les ressources nationales.

La responsable a également souligné l’importance du renouvellement des réserves d’hydrocarbures, afin de garantir à terme la disponibilité des matières premières destinées à l’industrie pétrochimique. Dans cette perspective, elle a rappelé le rôle de la technologie et la nécessité de mobiliser les compétences nationales, notamment celles des universités et des centres de recherche. L’ambition est de construire une filière intégrée, capable de répondre aux besoins du marché national tout en se positionnant sur les marchés internationaux. Les experts présents à la rencontre partagent cette vision : ils ont insisté sur le développement des industries de transformation, du recyclage et des nouvelles activités de valorisation pour renforcer la compétitivité de la pétrochimie algérienne.

Les experts plaident pour une industrie pétrochimique intégrée et compétitive

Les autres intervenants ont mis l’accent sur les opportunités qu’offre le marché international et sur les atouts dont dispose l’Algérie pour bâtir une industrie compétitive. L’expert international en énergie, Ali Kefaifi, a rappelé que le marché mondial de la pétrochimie, estimé à 675 milliards de dollars, devrait atteindre 980 milliards de dollars à l’horizon 2034. Selon lui, l’Algérie possède plusieurs avantages pour prendre part à cette croissance et se positionner sur différentes chaînes de valeur, notamment celles des industries automobile, pharmaceutique et des matériaux plastiques. « La pétrochimie est essentielle à l’économie moderne », a-t-il souligné, en référence à la diversité des produits issus de cette industrie.

De son côté, le doyen de la faculté des hydrocarbures de l’Université de Boumerdès, Boudjema Hamada, a estimé que l’enjeu pour l’Algérie consiste à capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par la transformation des hydrocarbures. Selon lui, le développement de l’intégration industrielle pourrait permettre au pays de devenir un hub pétrochimique en Méditerranée et un acteur majeur en Afrique dans la production de polymères et d’engrais. Dans le même esprit, Mustapha Mekideche, président de la commission scientifique, technique et économique du Club Energy, a plaidé pour la construction d’un écosystème industriel complet, qui intègre les activités de transformation, de recyclage et les nouvelles filières de valorisation.

Par Selma R.

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