Électricité, gaz, EnR : Des projets structurants prévus en 2026
L’Algérie trace les contours d’un nouveau modèle énergétique national fondé sur la complémentarité entre électricité, gaz et énergies renouvelables. Cette stratégie ambitieuse s’incarne dans une série de projets structurants à l’horizon 2026, soutenus par d’importants investissements publics et une volonté affirmée de souveraineté énergétique.
À l’horizon 2026, plusieurs grands projets électriques viendront consolider la trajectoire du pays, notamment la centrale de Hassi R’mel (1 068 MW), celles de Tébessa et d’Adrar (1 200 MW chacune), ainsi que de nouvelles stations GPL à In Guezzam et Bordj Badji Mokhtar. Ces réalisations garantiront la couverture gazière de l’ensemble des 58 wilayas, marquant un jalon historique. Selon Khalil Hedna, directeur de l’information et de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, « l’Algérie n’est pas seulement dans une phase d’expansion, elle construit un modèle intégré qui associe sécurité d’approvisionnement, durabilité et coopération régionale », a-t-il déclaré à la « Chaîne I » de la radio nationale. Les chiffres actuels illustrent déjà cette performance : la capacité nationale de production culmine à 27 000 MW, permettant de répondre à une demande record (avec un pic estival de 20 668 MW enregistré l’été dernier).
L’électricité atteint 99 % du territoire (plus de 12,5 millions d’abonnés) et le gaz naturel couvre 72 % du pays. Pour M. Hedna, « cette performance positionne l’Algérie parmi les leaders régionaux de l’accès à l’énergie ». Les investissements de Sonelgaz, estimés à 104 milliards de dinars en 2025, visent à renforcer et moderniser le réseau électrique national. Cette expansion énergétique est pensée pour être inclusive et soutenir d’autres secteurs stratégiques. Dans le monde agricole, un programme de raccordement exceptionnel a permis d’alimenter 100 432 exploitations, dépassant l’objectif initial de 95 000.
Un dispositif novateur a été mis en place pour dispenser les agriculteurs du paiement préalable des travaux. « Ce programme illustre notre engagement à faire de l’énergie un levier de développement agricole durable », a souligné l’intervenant. Pour l’industrie, une nouvelle logique a été adoptée : faire précéder l’énergie à l’investissement. Ainsi, 43 zones industrielles sont déjà raccordées à l’électricité et 29 au gaz, tandis que 100 zones d’activités bénéficient de l’électricité et 71 du gaz. Cette approche vise à accélérer l’implantation des investisseurs. Par ailleurs, 5 stations de dessalement sont déjà alimentées en énergie et 3 autres sont en cours de raccordement (pour un coût de 14 milliards de dinars), assurant une dynamique essentielle pour l’eau.
L’un des axes les plus prometteurs est celui des énergies renouvelables. L’objectif fixé est clair : atteindre 15 000 MW de capacité d’ici 2035, qualifié par M. Hedna de « projet du siècle ». La phase initiale est déjà lancée avec 3 200 MW en construction, dont 2 000 MW à Tindla (El-M’Ghair) et 1 200 MW à Biskra (Grous), avec une entrée en production prévue entre fin 2025 et début 2026. Actuellement, le pays dispose déjà de 21 centrales solaires (460 MW) et d’une centrale éolienne.
Par M A.
