Elle ouvre la voie à l’industrie 4.0 : La 5G en Algérie, moteur de l’économie de demain
Lancée officiellement en 2025, la cinquième génération de standards pour la téléphonie mobile (5G) ne se limite pas à accélérer les téléchargements en Algérie. Elle s’impose progressivement comme la colonne vertébrale d’une mutation profonde de l’économie nationale, ouvrant la voie à l’industrie 4.0 et à l’émergence du secteur quaternaire.

Un an après son introduction sur le marché national, la 5G commence à révéler son véritable potentiel, celui d’un levier systémique. Si le grand public en perçoit surtout les avantages en matière de rapidité de navigation, les experts, à l’image du professeur Nazim Sini, insistent sur sa dimension transformationnelle. Contrairement aux technologies précédentes, la 5G se distingue par sa capacité à interconnecter des milliards d’objets avec un temps de latence quasi nul. Cette avancée technique ouvre la voie à l’émergence effective de l’industrie 4.0 en Algérie. « La 5G permet une communication plus fluide entre l’Internet des objets (IoT). Elle offre la possibilité de piloter une usine totalement à distance », a expliqué Nazim Sini sur les ondes de « Chaîne III » de la radio nationale.
Cette transformation ne se limite pas au secteur industriel. Elle s’étend également au domaine agricole, où l’utilisation de capteurs connectés en temps réel favorise une agriculture intelligente, capable d’optimiser l’irrigation et d’améliorer les rendements. Dans les zones urbaines, la 5G prépare l’avènement des villes intelligentes, où la gestion des transports et de l’énergie peut être automatisée pour gagner en efficacité et en durabilité.
Les perspectives de développement sont significatives. Les projections évoquent un objectif de 15 à 20 millions d’abonnés dans les années à venir. Toutefois, l’enjeu dépasse largement l’usage individuel. C’est l’ensemble de l’économie qui devrait bénéficier de cette technologie, notamment à travers une amélioration du produit intérieur brut. « Tous les pays qui ont adopté la 5G ont vu, dans les 24 mois, un apport à leur PIB compris entre 0,8 % et 1 % », a souligné le Pr Sini. Pour l’Algérie, les estimations tablent sur un gain compris entre 0,5 % et 0,8 % du PIB. Cette croissance additionnelle s’explique par les gains de productivité réalisés par les entreprises, générant davantage de valeur ajoutée et, par conséquent, des recettes fiscales accrues pour l’État.
Au-delà de ses retombées économiques immédiates, la 5G joue un rôle stratégique en tant que passerelle vers une nouvelle structuration de l’économie. Elle permet à l’Algérie de franchir un cap vers le secteur quaternaire, fondé sur l’intelligence artificielle, le Big Data et les technologies avancées. Pour Nazim Sini, cette infrastructure est essentielle à cette transition : « Elle sert de tremplin entre le secteur tertiaire et ce que j’appellerais le secteur quaternaire. C’est ce qu’est la fibre optique pour l’internet fixe : un réseau qui ouvre des perspectives de communication entre les objets eux-mêmes ».
En maîtrisant cette technologie, l’Algérie ne se contente pas d’accompagner les évolutions numériques mondiales. Elle pose les bases de sa souveraineté numérique, en faisant de la donnée un levier stratégique au service de son développement futur.
Par S. R
