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La rentrée de la formation et de l’enseignement professionnels, ce dimanche, marque un renforcement de l’adaptation de l’offre de formation aux évolutions du marché du travail. Plus de 400 000 stagiaires et apprentis rejoignent ainsi les établissements de formation professionnelle à travers le pays. Ils bénéficient d’une offre enrichie de 23 nouvelles spécialités dans des secteurs considérés comme porteurs, notamment les énergies renouvelables, la cybersécurité, l’automobile et les télécommunications.

Cette évolution traduit la volonté de rapprocher davantage les compétences développées dans les établissements de formation des besoins réels des entreprises et des grands projets structurants. « Nous avons introduit 23 nouvelles spécialités qui répondent aux besoins exprimés par les secteurs économiques », a indiqué Abderrahmane Mezeghrani, chargé d’études et de synthèse au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale. Selon lui, cette démarche repose notamment sur le nouveau Référentiel national des formations et des compétences, conçu comme un outil évolutif qui permet d’actualiser régulièrement le catalogue des formations. « Le référentiel n’est pas figé. Il peut être enrichi au cours de l’année en fonction de l’évolution des besoins et de l’apparition de nouvelles activités », a-t-il expliqué.

Pour identifier les compétences recherchées, le ministère mise de plus en plus sur l’exploitation des données et sur l’interaction directe avec le secteur économique. Le Référentiel national des formations et des compétences offre ainsi aux entreprises publiques et privées, ainsi qu’aux différents départements ministériels, un espace pour exprimer leurs besoins en compétences, en apprentis ou en recrutements futurs. Le traitement de ces données permet en outre de détecter l’émergence de nouvelles filières, l’injection plastique étant citée comme exemple d’une activité dont le développement à l’échelle nationale peut conduire à une adaptation de l’offre de formation. « La donnée nous permet d’avoir une vision plus précise des besoins qui apparaissent sur le terrain. Lorsqu’une filière commence à se développer dans plusieurs régions, nous pouvons identifier cette tendance et réfléchir rapidement à l’introduction des formations correspondantes », a souligné Mezeghrani.

Cette approche numérique est complétée par un dispositif de proximité : les entreprises peuvent toujours faire connaître leurs besoins directement auprès des directions de la formation professionnelle au niveau des wilayas. L’objectif est de disposer de plusieurs canaux afin d’éviter un décalage entre les formations proposées et les profils recherchés par les employeurs.

L’adaptation concerne également les modes d’apprentissage. La formation en présentiel demeure centrale dans les centres de formation, les instituts spécialisés et les centres d’excellence, mais elle est complétée par l’apprentissage en alternance, qui conjugue enseignement théorique et immersion en entreprise. Dans ce cadre, la plateforme « Tamhin » met en relation les entreprises qui proposent des offres d’apprentissage et les candidats. Le dispositif comprend aussi les cours du soir et la formation à distance du CNEPD, notamment dans les domaines des nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

La modernisation passe par ailleurs par la digitalisation des démarches. La plateforme « Takwin » facilite les inscriptions grâce à l’interconnexion avec le Haut-Commissariat au numérique et le ministère de l’Éducation, tandis que l’utilisation du Numéro d’identification national réduit le nombre de documents exigés. « L’objectif est de simplifier le parcours du jeune, depuis son inscription jusqu’à son orientation, en utilisant les données déjà disponibles dans les différents systèmes », a précisé le chargé d’études. Sur le plan pratique, 25 laboratoires techniques, ou « Mini Labs », équipés notamment d’imprimantes 3D, permettent aux stagiaires de développer leurs idées et de réaliser des prototypes avant leur éventuelle orientation vers les Centres de développement entrepreneurial (CDE).

Enfin, l’adaptation aux besoins du marché porte sur les compétences transversales. L’anglais technique est progressivement introduit dans plusieurs formations, notamment les cursus de technicien supérieur de 30 mois, tandis que des modules sont consacrés à la communication, au travail en équipe, à la gestion du temps et du stress. « Aujourd’hui, les entreprises ne recherchent pas uniquement une compétence technique. Elles ont également besoin de personnes capables de communiquer, de travailler en équipe et de s’adapter à leur environnement professionnel », a relevé Mezeghrani.

Par Selma R.

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La rédaction des Enjeux Eco couvre l’actualité économique nationale et internationale.

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