Lors de son entrevue périodique avec les représentants de la presse nationale, diffusée samedi 3 octobre 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé plusieurs dossiers économiques, sociaux, énergétiques et diplomatiques. Cette rencontre a été marquée par la réaffirmation des grandes orientations de l’État, notamment la préservation du pouvoir d’achat, la consolidation des revenus hors hydrocarbures, la souveraineté économique et la stabilité régionale.

Sur le plan économique et social, le chef de l’État a réaffirmé que la protection du pouvoir d’achat demeure une priorité. Évoquant la hausse des prix des fruits et légumes, il a estimé que la majorité des agriculteurs ne pouvait être tenue responsable des niveaux atteints sur les marchés. Il a toutefois averti que les responsables des pratiques spéculatives devront assumer leurs responsabilités. Cette déclaration traduit la volonté des pouvoirs publics de mieux encadrer les circuits de distribution, de lutter contre les intermédiaires abusifs et de garantir un approvisionnement régulier du marché national.
Le président a également évoqué les réserves de change, en réaction aux projections du Fonds monétaire international (FMI) concernant leur évolution à l’horizon 2031. Il a assuré qu’elles devraient se maintenir à un niveau élevé, mettant en avant les efforts engagés pour renforcer les recettes nationales hors hydrocarbures. Pour Abdelmadjid Tebboune, la question dépasse la simple disponibilité des devises : elle relève directement de l’indépendance économique et de la capacité de l’Algérie à préserver ses choix souverains.
La diversification, condition de l’indépendance économique
Dans cette perspective, le président a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation de l’économie nationale, en réduisant progressivement sa dépendance aux hydrocarbures. L’objectif consiste à élargir les sources de revenus, à renforcer les capacités productives nationales et à valoriser les potentialités du pays. Il a également souligné l’importance de mobiliser les compétences algériennes établies à l’étranger, dont l’expertise scientifique et technologique représente un levier pour accompagner le processus de développement
La numérisation a également occupé une place importante dans les échanges. Le chef de l’État a affirmé que l’Algérie avait atteint un stade avancé dans ce domaine, confirmant ainsi l’orientation stratégique visant à moderniser l’administration, améliorer la gestion publique et renforcer la souveraineté numérique. La transformation digitale est appelée à devenir un instrument essentiel de transparence, d’efficacité et de réduction des lourdeurs bureaucratiques.
Sur le dossier énergétique, Abdelmadjid Tebboune a évoqué la position de l’Algérie au sein des marchés pétroliers internationaux. Il a rappelé que le pays privilégiait une approche responsable, fondée sur la concertation et la stabilité du marché, sans prendre de décisions précipitées. L’Algérie entend ainsi préserver ses intérêts énergétiques tout en contribuant à l’équilibre entre producteurs et consommateurs.
Une diplomatie fondée sur l’équilibre et la souveraineté
Sur le plan international, le président a réaffirmé la volonté de l’Algérie de maintenir des relations équilibrées avec ses différents partenaires, notamment la Russie, les États-Unis et la Chine. Cette orientation traduit le refus d’inscrire la diplomatie algérienne dans une logique d’alignement exclusif, privilégiant plutôt la coopération multilatérale et la défense des intérêts nationaux.
Concernant l’escale du président iranien à l’aéroport d’Alger, il a souligné que tout chef d’État sollicitant une autorisation d’atterrissage en Algérie était le bienvenu, réaffirmant ainsi les principes d’hospitalité et de souveraineté du pays.
La situation au Sahel a constitué un autre volet majeur de l’entretien. Le président est revenu sur l’envoi de quatre avions de combat Su-30 au Niger, en août dernier, dans le contexte des événements sécuritaires survenus à Niamey. Il a expliqué cette décision par la gravité de la situation et par les impératifs de sécurité régionale, notamment après la visite du Premier ministre nigérien en Algérie. Cette intervention s’inscrit dans une approche où la stabilité du Niger est considérée comme étroitement liée à la sécurité nationale algérienne.
Au final, cette entrevue présidentielle a permis de réaffirmer une ligne politique articulée autour de trois impératifs : consolider la résilience économique, préserver la cohésion sociale et défendre l’indépendance de la décision nationale. À travers les différents dossiers abordés, Abdelmadjid Tebboune a présenté la diversification des revenus, la maîtrise des marchés, la numérisation et la stabilité régionale comme autant de composantes d’une même stratégie : renforcer les capacités de l’État et garantir à l’Algérie une plus grande autonomie dans un environnement international marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques.



