Les exportations algériennes hors hydrocarbures ont approché les 4 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, soit une hausse de plus de 10 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette progression témoigne d’une dynamique encourageante de diversification des échanges extérieurs, portée par le développement des capacités productives nationales et la conquête de nouveaux marchés. L’objectif est désormais de consolider cette tendance et de renforcer la contribution des exportations non pétrolières aux ressources du pays en devises.
Ces exportations poursuivent ainsi leur progression, ce qui confirme les efforts engagés pour diversifier l’économie nationale et réduire sa dépendance aux recettes issues des hydrocarbures. Intervenant sur les ondes de la « Chaîne I » de la radio nationale, Zouhir Moussaoui, directeur central au ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, a indiqué que les ventes algériennes à l’étranger avaient atteint près de 4 milliards de dollars à fin août 2026, soit une augmentation de plus de 10 % par rapport aux huit premiers mois de 2025. « Cela constitue un indicateur d’une reprise de la dynamique des exportations vers l’étranger », a-t-il souligné, estimant que l’enjeu consiste désormais à maintenir cette tendance positive dans la durée. Selon le responsable, la performance ne doit pas être appréciée uniquement sur la base des montants réalisés, mais aussi en fonction de la capacité des entreprises nationales à s’inscrire durablement dans les marchés internationaux.
Dans cette perspective, le ministère mise sur la sensibilisation des opérateurs économiques à l’importance de l’exportation. « Il faut ancrer l’idée de l’exportation auprès des entreprises algériennes comme une véritable orientation et un objectif », a expliqué Zouhir Moussaoui. Cette démarche suppose en effet un changement de mentalité chez des opérateurs habitués, pendant longtemps, à privilégier l’importation.
Le développement des ventes à l’étranger constitue ainsi un levier pour diversifier les ressources en devises et renforcer l’autonomie économique du pays. « Cette démarche ne concerne pas uniquement le ministère du Commerce extérieur, mais également les opérateurs économiques, qui contribuent, à travers leurs exportations, à la diversification des ressources de l’État en devises et à la souveraineté économique de l’Algérie », a-t-il fait valoir.
L’industrie agroalimentaire participe elle aussi à cette dynamique. Selon Zouhir Moussaoui, les exportations de la filière ont dépassé 213 millions de dollars durant les huit premiers mois de 2026, en hausse de près de 15 % sur un an. Si les biscuits, le chocolat, les boissons, le fromage et les sauces présentent un potentiel à l’exportation, l’huile d’olive et les conserves nécessitent en revanche davantage d’efforts.
Lors de l’inauguration, samedi à Blida, de la Foire des produits de l’industrie agroalimentaire « Made in Algeria », le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a affirmé que l’Algérie avait atteint « l’autosuffisance dans la majorité des produits de l’industrie agroalimentaire », dont elle importait auparavant des quantités considérables. Il a souligné un « bond en avant considérable » du secteur depuis 2020, précisant que de nombreux produits sont désormais fabriqués localement.
Le ministre a également indiqué que plusieurs entreprises nationales s’orientaient vers l’exportation et la conquête de nouveaux marchés. Il a réaffirmé la volonté de son département, en coordination avec le gouvernement, de les accompagner dans cette démarche, saluant la qualité des produits algériens, déjà présents sur les marchés européens, africains et arabes grâce au respect des normes de qualité.
Pour soutenir cette orientation, les pouvoirs publics misent sur l’accompagnement des entreprises, notamment par la participation aux foires et salons internationaux, la prise en charge partielle de certains frais de déplacement et d’exposition, ainsi que l’accès à l’information sur les marchés. Les rencontres d’affaires et les échanges directs avec les partenaires étrangers doivent également faciliter la conclusion de nouveaux contrats. L’Afrique représente, à cet égard, un débouché naturel pour les produits algériens, sans exclure les marchés européens, asiatiques et américains.
Toutefois, la consolidation de cette présence exige l’amélioration de l’intégration locale, la disponibilité des matières premières, la compétitivité des prix et le respect des exigences internationales en matière de qualité. La progression enregistrée à fin août constitue ainsi un signal positif pour les exportations hors hydrocarbures, mais la concrétisation des ambitions affichées dépendra de la capacité des entreprises à transformer leurs performances industrielles en débouchés durables à l’international.
Par Selma R.



