L’Algérie engage la structuration de sa finance climatique. Le pays a lancé, durant le premier semestre 2026, les premiers travaux visant à mettre en place des mécanismes nationaux capables de mobiliser et d’orienter davantage de capitaux vers les projets liés à la transition écologique. Une démarche qui doit également faciliter l’accès aux financements climatiques internationaux, selon la GIZ Algeria.
Le processus est conduit dans le cadre du projet « Appui à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le Climat en Algérie “ClimGov II” », mis en œuvre par la GIZ Algeria, en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la Vie. L’enjeu est de taille : il s’agit de poser les bases d’une architecture financière nationale permettant de mieux orienter les ressources vers les projets climatiques, tout en renforçant les capacités du pays à capter les financements internationaux consacrés à l’action climatique. Les premières sessions de travail ont ainsi réuni des représentants institutionnels et des experts autour d’un état des lieux des flux financiers consacrés au climat en Algérie et des opportunités offertes par les instruments de la finance durable.
La première étape consiste à mieux connaître les flux existants. Les travaux portent notamment sur leur cartographie et leur diagnostic, ainsi que sur l’identification de nouveaux mécanismes susceptibles de renforcer le financement des projets liés au climat.
L’Algérie cherche également à adapter ses instruments nationaux afin d’accroître sa capacité à mobiliser les ressources des fonds climatiques internationaux, notamment celles du Fonds vert pour le climat et les différents mécanismes de financement concessionnel. L’accès à ces ressources reste toutefois conditionné par la capacité à présenter des projets répondant aux critères d’éligibilité et aux exigences des bailleurs. D’où l’importance accordée au renforcement des compétences institutionnelles et techniques. Il s’agit notamment d’améliorer l’identification, la préparation et l’instruction de projets bancables, capables de transformer les besoins liés au climat en investissements effectivement finançables.
Faire converger financements et priorités nationales
Autre chantier, ajoute la même source: assurer l’alignement des futurs mécanismes financiers sur la Contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’Algérie. L’objectif est de faire converger les ressources mobilisées avec les priorités du pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux impacts du changement climatique. Selon la GIZ Algeria, les premières discussions ont fait ressortir la nécessité de disposer de mécanismes nationaux « transparents et performants », permettant à la fois d’améliorer l’attractivité des investissements verts et d’assurer leur traçabilité.
Une telle architecture doit, à terme, favoriser l’orientation des capitaux vers les projets contribuant à la transition écologique, tout en renforçant la résilience de l’économie nationale face aux effets du changement climatique. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de ClimGov II, un projet mandaté par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et cofinancé par l’Union européenne en Algérie.
Mis en œuvre par la GIZ Algeria en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la Vie, le projet accompagne ainsi l’Algérie dans la consolidation de son cadre national de financement climatique. Outre la mobilisation de nouvelles ressources, l’objectif est de mettre en place des leviers financiers capables d’accélérer les investissements verts et d’accompagner la transformation de l’économie vers un modèle plus résilient. La mise en place de mécanismes nationaux de finance climatique constitue ainsi un chantier stratégique : elle doit permettre à l’Algérie de mieux structurer ses ressources, d’attirer davantage de financements verts internationaux et de donner une traduction financière concrète à ses engagements climatiques.
Par Z R.



