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L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) est appelée à jouer un rôle central dans la simplification du parcours de l’investisseur, ainsi que dans une meilleure articulation entre les orientations nationales et les réalités des territoires. Pour l’expert financier Idir Saci, l’efficacité du guichet unique repose sur le maintien d’une vision stratégique au niveau central, tandis que la gestion administrative et le suivi des projets doivent être davantage décentralisés et dématérialisés.

La mise en place effective du guichet unique de l’AAPI constitue, selon Idir Saci, un levier important pour améliorer l’environnement de l’investissement en Algérie, car elle permet de renforcer la transparence, d’accélérer la prise de décision et de réduire les délais administratifs auxquels sont confrontés les porteurs de projets, qu’ils soient nationaux ou étrangers. C’est dans cette logique que s’inscrit l’organisation du conseil d’administration de l’AAPI, qui réunit désormais des responsables issus de plusieurs secteurs, notamment l’Industrie, les Finances, l’Agriculture et l’Environnement. En effet, la présence de représentants des différents départements concernés doit permettre de rapprocher les centres de décision et d’éviter à l’investisseur de multiplier les démarches auprès de différentes administrations.

Pour Idir Saci, cette centralisation des orientations ne doit toutefois pas conduire à une concentration de l’ensemble des décisions. « Il faut avoir une vision centrale de l’aménagement du territoire, mais une gestion locale de l’investissement », a-t-il estimé lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale, plaidant ainsi pour une répartition plus claire des responsabilités entre l’administration centrale et les structures territoriales. Il considère en effet que le niveau central doit conserver la maîtrise des grandes orientations liées à l’aménagement économique du territoire, citant notamment la création de pôles industriels dans les Hauts Plateaux, l’intégration des chaînes de valeur et l’anticipation des besoins futurs en matière d’infrastructures, de production et de logistique. L’objectif est ainsi de ne pas limiter la politique d’investissement à une simple addition de projets individuels, mais de l’inscrire dans une stratégie territoriale cohérente.

Cette approche prend d’autant plus son sens dans le contexte de la recomposition des chaînes de production mondiales. Selon l’expert, la tendance à rapprocher les activités industrielles des marchés et des sources de matières premières offre à l’Algérie des opportunités pour développer des pôles industriels intégrés. Le cas de l’usine General Plastic Injection à Tissemsilt, spécialisée dans les composants destinés notamment à l’industrie automobile, illustre bien cette dynamique : le développement de ce type d’activités permettrait de renforcer la production nationale, de réduire certaines dépendances aux importations et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales.

La disponibilité de nouvelles ressources et de projets structurants, à l’image de l’exploitation du minerai de fer de Gara Djebilet, renforce d’ailleurs la nécessité d’une réflexion sur la localisation des activités industrielles. « Il faut concentrer les activités pour optimiser la logistique, la main-d’œuvre et la sécurité », souligne Idir Saci, insistant sur l’importance d’une planification territoriale à long terme. Cette vision stratégique doit cependant s’accompagner d’une déconcentration de la gestion quotidienne : la prise de décision administrative, le suivi des investissements et l’accompagnement des opérateurs devraient, selon lui, être assurés au plus près des territoires, grâce à un recours accru aux plateformes numériques. La dématérialisation doit ainsi permettre de réduire les déplacements, d’améliorer la traçabilité des procédures et de limiter les délais de traitement.

Par Selma R.

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