Hélium: Les réserves algériennes estimées à plus de huit milliards m³
L’Algérie se hisse au troisième rang mondial pour ses réserves d’hélium, estimées à 8,2 milliards de mètres cubes, et au quatrième rang pour la production, avec 11 millions de mètres cubes en 2024. Ce positionnement stratégique place le pays au cœur d’un segment industriel à forte valeur ajoutée, indispensable aux technologies de pointe, notamment dans les secteurs médical, spatial, électronique et de la défense.

À l’échelle internationale, les réserves mondiales d’hélium sont estimées à près de 52 milliards de mètres cubes. Dans cet ensemble, les pays arabes se distinguent en concentrant 36 % du total, principalement grâce au Qatar et à l’Algérie, selon les données relayées par la plateforme spécialisée Attaqa.net. Les États-Unis conservent la première place avec 20,6 milliards de mètres cubes, soit 40 % des réserves mondiales, devant le Qatar avec 10,1 milliards. L’Algérie occupe la troisième position avec environ 8,2 milliards de mètres cubes, devançant des pays comme la Russie, le Canada et la Chine, et s’imposant ainsi comme un acteur stratégique sur une carte énergétique en pleine recomposition.
L’importance de ce classement s’explique par la nature même de l’hélium. Devenu un gaz critique, il est indispensable au refroidissement des appareils d’imagerie par résonance magnétique, à la fabrication des semi-conducteurs, aux fibres optiques et aux technologies spatiales avancées. Sa rareté relative et ses propriétés physiques spécifiques rendent la sécurisation de son approvisionnement particulièrement sensible pour les marchés internationaux.
Du côté de l’offre, la production mondiale d’hélium a progressé de 4 % en 2024 pour atteindre 180 millions de mètres cubes. Si l’Algérie a cédé la troisième place des producteurs à la Russie, qui a atteint 17 millions de mètres cubes, elle enregistre néanmoins une hausse notable avec 11 millions de mètres cubes produits, contre 9 millions en 2023. Le pays dispose en outre d’un avantage compétitif important lié à sa capacité installée. Estimée à près de 50 millions de mètres cubes par an, celle-ci le place au troisième rang mondial en matière de capacités de production, derrière les États-Unis et le Qatar. L’hélium est extrait en Algérie lors du traitement du gaz naturel, principalement à partir du champ de HassiR’mel, l’un des plus grands gisements gaziers au monde.
Le pôle arabo-méditerranéen, porté par le duo Qatar–Algérie, représente désormais environ 42 % de la production mondiale d’hélium. Pour valoriser cet atout, l’Algérie développe ses partenariats internationaux. En mars 2025, un accord a été signé avec la société chinoise Fullcryo pour l’importation d’hélium liquide algérien et la coopération technologique dans les procédés d’extraction et de liquéfaction. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement régional plus large : tandis que le Qatar sécurise des contrats de long terme avec l’Asie et l’Europe, d’autres pays, comme la Jordanie, lancent des programmes d’exploration. Dans cet environnement concurrentiel, l’Algérie confirme son statut d’acteur clé, appelé à renforcer son rôle à mesure que la demande mondiale d’hélium progresse.
Par Selma R.
