Hydraulique : Les grands axes du programme 2026
Lors d’une réunion tenue lundi avec la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée populaire nationale, le ministre des Ressources en eau, Taha Derbal, a dévoilé les grands axes du projet de budget sectoriel pour l’année 2026.

Le secteur hydraulique, crucial pour la sécurité alimentaire et la durabilité du développement en Algérie, bénéficiera d’un budget renforcé pour répondre aux défis de plus en plus pressants liés à la gestion des ressources en eau et à l’adaptation aux changements climatiques. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une augmentation de 19 % par rapport à l’année précédente, avec un budget total de 370 milliards DA, dédié à l’extension des infrastructures hydrauliques et à la modernisation des réseaux de distribution d’eau. Cette hausse est notamment destinée à soutenir la mise en œuvre de nouvelles infrastructures pour la gestion de l’eau potable, l’irrigation et la prévention des inondations.
Taha Derbal a souligné que la priorité sera donnée à l’extension des réseaux d’irrigation, l’entretien des barrages, ainsi qu’à l’amélioration de la gouvernance dans la gestion des ressources en eau. Le ministre a également indiqué que le programme de 2026 prévoit des investissements massifs dans la construction de nouvelles stations de dessalement et le développement de nouvelles technologies pour optimiser l’usage des eaux usées traitées.
Au cœur des préoccupations du ministre figure la sécurité de l’eau, un enjeu stratégique pour le pays, confronté à des défis majeurs liés à la pénurie des ressources en eau. M. Derbal a rappelé que les changements climatiques exacerbent la situation, avec des sécheresses prolongées et un besoin croissant en eau pour la population, l’agriculture et l’industrie.
Il a mis en avant des mesures concrètes pour assurer une gestion durable de l’eau, notamment la protection des ressources en eau et le renforcement de l’efficience des systèmes de distribution. Le ministre a évoqué la création de stations supplémentaires de dessalement de l’eau de mer, en particulier dans les régions côtières, pour pallier la baisse des niveaux des nappes phréatiques et améliorer l’approvisionnement en eau potable.
Le secteur agricole, fortement dépendant de l’irrigation, verra également un soutien renforcé, avec la réhabilitation des réseaux d’irrigation et l’extension de nouveaux systèmes pour améliorer l’efficacité des terres agricoles. Le ministre a annoncé que 67 projets nouveaux d’irrigation, pour un montant de 43 milliards de DA, seraient lancés dans les prochaines années. Pour réduire les pertes d’eau, des mesures pour moderniser les infrastructures existantes et optimiser les pratiques d’irrigation seront également mises en place, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’eau reste un défi permanent. L’un des axes forts de cette nouvelle politique est la gestion des eaux usées, un domaine qui a connu des progrès ces dernières années mais qui reste insuffisant face aux besoins croissants.
Le ministre a annoncé la réhabilitation et l’extension des systèmes d’assainissement dans plusieurs régions du pays, ainsi que des projets d’envergure pour garantir la réutilisation des eaux usées dans l’agriculture et d’autres secteurs. Un budget spécifique de plus de 44 milliards de DA sera alloué à ces projets. La protection des villes contre les inondations figure également parmi les priorités du ministère. M. Derbal a précisé que des projets de réhabilitation des barrages et la construction de nouvelles infrastructures de protection seront mis en place pour éviter les dégâts matériels et humains liés aux phénomènes climatiques extrêmes.
S R.
