Hydrocarbures: Sonatrach accélère son déploiement africain
Le groupe Sonatrach poursuit activement sa stratégie d’ouverture et de déploiement sur le continent africain. En déplacement à Ouagadougou, une délégation algérienne de haut niveau a examiné, vendredi, les perspectives de renforcement du partenariat avec la Société nationale burkinabé d’hydrocarbures (Sonabhy), dans un contexte marqué par la volonté d’Alger de consolider la coopération Sud-Sud dans les secteurs stratégiques.

La rencontre, tenue au siège de la direction générale de Sonabhy, a réuni le PDG de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, le représentant du directeur général de la société burkinabè ainsi que plusieurs cadres dirigeants. Étaient également présents le directeur général des Hydrocarbures au ministère algérien des Hydrocarbures et des Mines, Mourad Beldjehem, et le PDG de Naftal, Djamel Cherdoud. Cette réunion s’inscrit dans le cadre d’une visite de travail officielle en République du Burkina Faso.
Ce déplacement traduit la mise en œuvre des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer les partenariats africains et à promouvoir une coopération Sud-Sud fondée sur la complémentarité et le transfert de savoir-faire. L’Algérie ambitionne ainsi de jouer un rôle moteur dans l’intégration énergétique du continent, en capitalisant sur l’expérience accumulée par Sonatrach tout au long de plusieurs décennies d’activité intégrée dans la chaîne des hydrocarbures. La politique de déploiement africain de Sonatrach repose sur plusieurs axes structurants.
Il s’agit d’abord de consolider sa présence dans les activités de commercialisation et de trading de produits pétroliers, notamment le GPL et les carburants raffinés, à destination des pays sahéliens et ouest-africains. Ensuite, le groupe entend développer des partenariats dans le stockage, la logistique et la distribution, en mettant à profit l’expertise de ses filiales, en particulier Naftal, spécialisée dans la distribution de carburants et de gaz.
Au-delà de la simple exportation de produits, Sonatrach privilégie une approche intégrée incluant l’investissement dans les infrastructures locales, le transfert de technologies et le renforcement des capacités humaines. Cette stratégie vise à bâtir des partenariats durables, fondés sur l’équilibre des intérêts et la création de valeur partagée.
Appui technique et infrastructures au Burkina Faso
Les discussions avec Sonabhy ont porté sur les mécanismes permettant au Burkina Faso de bénéficier de l’expertise algérienne dans la production, le transport et la distribution des produits pétroliers, en particulier le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le propane. La possibilité d’accompagner la mise en place d’un centre de remplissage de bouteilles de gaz butane a été examinée, avec la fourniture d’équipements nécessaires, notamment les bouteilles et leurs accessoires.

Un tel projet s’inscrit dans une logique de sécurisation de l’approvisionnement énergétique burkinabè et d’amélioration de l’accès des ménages à une énergie moderne et sûre. Pour Sonatrach, il s’agit également de consolider sa présence dans un marché à fort potentiel, en contribuant au développement d’infrastructures structurantes.
Les échanges ont également mis l’accent sur le partage d’expertise technique, la formation et le développement des compétences. Sonatrach a réaffirmé sa disposition à accompagner Sonabhy dans l’optimisation de ses performances, que ce soit dans la gestion logistique, le stockage stratégique ou la distribution. Cette approche s’inscrit dans la vision d’un partenariat équilibré, orienté vers le renforcement des capacités locales.
Au-delà du Burkina Faso, la stratégie africaine de Sonatrach s’étend à plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Elle combine coopération institutionnelle, présence commerciale accrue et partenariats industriels ciblés. L’objectif est double : diversifier les débouchés du groupe et contribuer à l’essor énergétique du continent. Cette dynamique traduit une évolution notable du positionnement de Sonatrach, désormais tournée vers une dimension continentale affirmée. Le groupe entend ainsi devenir un acteur clé de la sécurité énergétique africaine, en s’appuyant sur son expertise intégrée allant de l’exploration à la distribution.
Signature d’une convention de formation entre l’IAP et l’INPG du Sénégal
Dans le prolongement de cette stratégie de coopération africaine, l’Institut Algérien du Pétrole (IAP) a signé, le 9 février 2026 à Dakar, une convention de formation avec l’Institut National du Pétrole et du Gaz du Sénégal (INPG).

Cet accord vise à renforcer les compétences techniques et managériales dans le secteur des hydrocarbures, au bénéfice notamment de PETROSEN, la société nationale des pétroles du Sénégal. La convention, signée au siège de l’INPG, est l’aboutissement d’échanges engagés entre les deux institutions afin d’accompagner la montée en compétences du personnel sénégalais, tant dans les métiers techniques que dans les fonctions transversales liées à l’activité pétrolière et gazière.
La délégation algérienne, conduite par le Directeur exécutif Ressources humaines, Smaïn Alatou, accompagnée du Directeur de l’IAP, Mohamed Khodja, et du Directeur de l’École IAP de Boumerdès, Mohamed Lamine Makhlouf, a également effectué une visite au siège de Petrosen. La rencontre s’est tenue en présence du Directeur général de Petrosen E&P, Alioune Seck, et du Directeur de l’INPG, Mor Mbaye Fall.
Les échanges ont mis en lumière l’ambition stratégique du Sénégal de s’appuyer sur un capital humain hautement qualifié pour piloter son avenir énergétique. Les deux parties ont convenu de bâtir un modèle de coopération Sud-Sud durable, fondé sur la mutualisation des expertises et le rayonnement du savoir-faire africain dans le domaine des hydrocarbures.
Par Réda Hadi
