03/04/2026
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Inauguration de la ligne ferroviaire minière de l’Ouest: Un corridor stratégique de plus de 950 km

L’Algérie vient de franchir une étape majeure dans le développement de ses infrastructures de transport avec l’inauguration officielle de la ligne ferroviaire minière de l’Ouest reliant Béchar, Béni Abbès, Tindouf et Gara Djebilet. Longue de plus de 950 kilomètres, cette nouvelle ligne constitue une première dans l’histoire du réseau ferroviaire national par son linéaire, ses caractéristiques techniques et son rôle stratégique dans la valorisation des ressources minières du sud-ouest du pays. M. Aibèche Sofiane, directeur du contrôle de gestion des participations à la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), a livré de nombreux détails sur ce projet d’envergure.

Invité de la Radio algérienne, M Aibeche a donc présenté cette lige ferroviaire comme un véritable levier économique, social et géostratégique.

Selon le responsable de la SNTF, il s’agit de la première fois que l’Algérie met en service une ligne ferroviaire d’une telle longueur. « Le pays a certes inauguré ces dernières années plusieurs lignes de 150 à 200 km, mais une ligne de près de 956 km, construite dans un environnement désertique particulièrement contraignant, constitue une réalisation exceptionnelle », a-t-il souligné.

Conçue pour supporter des charges à l’essieu de 32,5 tonnes, cette infrastructure est spécifiquement adaptée au transport de grandes quantités de marchandises, notamment le minerai de fer extrait de la région de Gara Djebilet. Elle est également destinée au transport de voyageurs, contribuant ainsi au désenclavement de vastes zones du sud-ouest, notamment les wilayas de Tindouf et Béni Abbès.

Au-delà de la simple fonction de transport, dit-il, la ligne ferroviaire s’inscrit dans une vision plus large. « Nous ne parlons plus seulement d’une ligne, mais d’un véritable corridor économique, social et géostratégique », a expliqué M. Aibèche. À terme, ce corridor reliera Tindouf aux ports de la Méditerranée sur près de 2 000 km, favorisant l’émergence de pôles industriels, logistiques et commerciaux le long de son tracé.

La ligne traverse plusieurs wilayas, dont Béchar, Naâma, Sidi Bel Abbès et Oran, et dessert huit gares ferroviaires, en plus de 28 postes de croisement et de garage. Ces installations permettent une exploitation optimale malgré le choix d’une voie unique, une configuration largement maîtrisée par la SNTF, puisque 86 % du réseau national fonctionne selon ce schéma.

L’exploitation de la ligne se fera par étapes. La première phase a été marquée par l’inauguration de la gare de Gara Djebilet et le lancement du premier train de marchandises chargé de minerai de fer. Dans le même temps, le premier train de voyageurs reliant Tindouf à Béchar a été mis en circulation, à l’occasion d’une cérémonie présidée par une délégation ministérielle.

Pour l’année 2026, la SNTF prévoit le transport d’environ 500 000 tonnes de minerai de fer à l’aide de trains de 34 wagons, tractés par des locomotives de grande puissance. Deux trains de voyageurs circuleront quotidiennement, offrant une capacité d’environ 260 places en première et deuxième classes, avec des wagons-restaurants et des équipements modernes assurant confort et climatisation.

Pour plus de précision, ce responsable explique qu’à partir de 2028, le projet entrera dans sa phase de croisière avec la mise en service de trains lourds de 170 wagons, longs de plus de 2,2 kilomètres, capables de transporter jusqu’à 17 000 à 20 000 tonnes par convoi. La capacité annuelle devrait alors atteindre plusieurs dizaines de millions de tonnes. Pour accompagner cette montée en puissance, la SNTF a élaboré un vaste plan d’investissement estimé à 258 milliards de dinars.

Celui-ci prévoit l’acquisition de 5 000 wagons, 60 locomotives de très grande puissance, 21 voitures voyageurs, ainsi que des locomotives de manœuvre. Sur le plan humain, 554 emplois directs ont déjà été créés pour la phase de démarrage, avec un important programme de formation théorique et pratique.

À moyen et long terme, des centaines d’autres postes seront générés, notamment dans la conduite des trains et la maintenance de l’infrastructure et du matériel roulant. En matière de fret, les études montrent que la ligne peut faire circuler jusqu’à 20 trains par jour dans les deux sens, avec une capacité maximale estimée à 49 millions de tonnes par an, confirmant le rôle central du rail dans le transport massif et économique des marchandises.

Par Réda Hadi.

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