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Longtemps considérée comme un marché secondaire en Afrique du Nord, derrière l’Égypte, l’Algérie renforce progressivement sa position dans l’industrie pharmaceutique. Soutenue par un effort public important et par l’essor de la production locale, l’industrie du médicament connaît une transformation qui pourrait permettre au pays de se positionner davantage sur le marché régional.

Cette évolution repose principalement sur trois leviers : l’augmentation des dépenses publiques de santé, le développement rapide de l’appareil de production pharmaceutique et la progression attendue de la demande intérieure. L’un des principaux indicateurs de cette dynamique réside dans l’effort budgétaire consenti par l’État. Les dépenses de santé représentent désormais 6 % du PIB algérien, traduisant une volonté de renforcer et de moderniser le système sanitaire national.

Cet effort s’inscrit dans une politique engagée depuis plusieurs années. Selon les données sectorielles de “Maghreb Pharma”, quelque 28 milliards de dollars auraient été injectés dans le secteur de la santé et du médicament au cours de la dernière décennie. Ces investissements ont contribué à créer les conditions nécessaires au développement d’un tissu industriel pharmaceutique national, notamment à travers la production locale de médicaments et la réduction progressive de la dépendance aux importations.

Plus de 213 unités de production

L’expansion de l’industrie locale constitue l’un des principaux résultats de cette politique. L’Algérie compte désormais plus de 213 usines de fabrication pharmaceutique, selon les mêmes données. La multiplication des unités de production traduit la volonté de consolider une industrie nationale capable de répondre à une part croissante des besoins du marché intérieur.

Cette dynamique s’inscrit également dans une logique de substitution aux importations, avec le développement progressif de capacités nationales dans différents segments du médicament. Elle contribue parallèlement à l’émergence de compétences techniques locales et à la constitution d’un écosystème industriel plus dense.

L’enjeu pour les prochaines années sera toutefois de consolider ces capacités, d’améliorer leur intégration et de favoriser le développement de produits à plus forte valeur ajoutée.

Un marché attendu à 550 milliards de dinars en 2029

La croissance de l’industrie pharmaceutique algérienne devrait également être soutenue par l’évolution du marché intérieur. Selon les projections citées par Maghreb Pharma, le marché pharmaceutique algérien pourrait atteindre environ 550 milliards de dinars à l’horizon 2029, avec une croissance annuelle estimée entre 3 % et 5 %.

Cette progression devrait être soutenue par plusieurs facteurs, notamment l’évolution démographique, l’augmentation des besoins de santé et l’élargissement de la couverture sanitaire. La croissance attendue apparaît ainsi davantage comme une trajectoire de consolidation du marché que comme une expansion ponctuelle. Elle pourrait offrir aux producteurs locaux et aux investisseurs de nouvelles perspectives dans un secteur où la demande reste structurellement importante.

De la substitution aux importations à l’export

Pour l’Algérie, le prochain défi consiste désormais à franchir une nouvelle étape, à savoir passer du développement de la production destinée principalement au marché intérieur à la conquête des marchés extérieurs. L’existence d’une base industrielle de plus de 213 unités, combinée à un marché intérieur important et à un soutien public conséquent, constitue un socle favorable à cette évolution.

La proximité géographique avec les marchés africains et méditerranéens pourrait également offrir des débouchés supplémentaires aux industriels algériens. La consolidation des normes de qualité, le développement de la recherche et développement, l’augmentation de la production de médicaments à forte valeur ajoutée et l’obtention des certifications nécessaires à l’accès aux marchés internationaux seront toutefois déterminants.

L’objectif d’un positionnement régional ne se résume donc plus à assurer la disponibilité des médicaments sur le marché national. Il s’agit désormais de transformer les capacités industrielles développées au cours de la dernière décennie en avantage compétitif à l’échelle régionale. Avec un effort public représentant 6 % du PIB, 28 milliards de dollars investis dans la santé et le médicament sur dix ans, plus de 213 unités de fabrication et un marché appelé à atteindre 550 milliards de dinars en 2029, l’Algérie dispose de plusieurs fondamentaux favorables à l’essor de son industrie pharmaceutique. Ces indicateurs placent le secteur parmi les filières industrielles présentant un potentiel de croissance important.

Synthèse Z R.

L’auteur

lesenjeuxeco

La rédaction des Enjeux Eco couvre l’actualité économique nationale et internationale.

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