Intoxications au monoxyde de carbone et accidents de la route: Bilan préoccupant et chiffres alarmants
À l’approche de la saison hivernale et à l’orée de la fin de l’année, la Direction générale de la Protection civile dresse un constat alarmant concernant deux fléaux persistants : les intoxications au monoxyde de carbone et les accidents de la route. Selon les données communiquées, depuis le début de l’année, 103 personnes ont perdu la vie à la suite d’intoxications au monoxyde de carbone, tandis que 1 964 autres ont trouvé la mort dans des accidents de la circulation. Deux risques majeurs, largement évitables, qui continuent pourtant de coûter la vie à des centaines de citoyens chaque année.
S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, le commandant Nassim Bernaoui, sous-directeur de la communication et des statistiques à la Protection civile, a précisé que 1 854 personnes ont pu être sauvées grâce aux interventions des unités de secours. « Nous avons enregistré près de 800 interventions liées à ce type d’intoxication », a-t-il indiqué, soulignant que ces drames sont souvent liés à des comportements à risque et à des installations non conformes. Sur la période allant d’octobre à la mi-décembre, le bilan demeure particulièrement lourd avec 23 décès et 569 personnes secourues, une situation que Nassim Bernaoui relie directement à la baisse des températures.
« Dès que le froid s’installe, certains citoyens ferment toutes les ouvertures pour conserver la chaleur, oubliant que l’absence de ventilation est l’une des principales causes d’accumulation du monoxyde de carbone », a-t-il expliqué, évoquant également l’obstruction des cheminées, les branchements anarchiques et l’installation dangereuse de chauffe-eau, notamment dans les salles de bain.

Face à cette réalité, la Protection civile a lancé une campagne nationale de sensibilisation depuis le 6 octobre, qui se poursuivra jusqu’à la fin du mois de mars. Cette action repose sur un travail de proximité, incluant des opérations de porte-à-porte. « Même lorsque des détecteurs de monoxyde de carbone sont présents, nous constatons parfois qu’ils ne fonctionnent pas, faute de piles ou par négligence », a regretté le commandant, rappelant que ces dispositifs peuvent pourtant sauver des vies s’ils sont correctement utilisés.
Parallèlement aux intoxications domestiques, les accidents de la route continuent de faire des ravages à l’échelle nationale. Selon les chiffres arrêtés au 15 décembre, 1 964 personnes ont perdu la vie sur les lieux d’accidents, tandis que plus de 80 000 blessés ont été recensés. La moyenne hebdomadaire, estimée entre 40 et 44 décès, témoigne de la gravité de la situation. « Nous intervenons quotidiennement sur des accidents de la circulation, parfois avec des bilans très lourds », a souligné le responsable de la Protection civile, citant des accidents collectifs ayant fait entre 7 et 18 victimes lors d’un seul événement.

Malgré les campagnes de prévention et les efforts des autorités, la tendance demeure préoccupante et pourrait dépasser les chiffres de l’année précédente. Pour Nassim Bernaoui, les causes sont désormais bien identifiées. « Toutes les études et enquêtes montrent que les comportements dangereux sont à l’origine de la majorité des accidents mortels », a-t-il affirmé, pointant l’excès de vitesse, le non-respect du code de la route et la fatigue au volant. « Même avec les meilleurs dispositifs, si le citoyen ne change pas de comportement, le risque demeure », a-t-il ajouté.
À travers ces données, la Protection civile appelle une nouvelle fois à une prise de conscience collective. Si les moyens d’intervention, de prévention et de sensibilisation sont renforcés chaque année, la réduction durable de ces drames passe, selon Nassim Bernaoui, par « un engagement individuel et responsable de chaque citoyen », car, rappelle-t-il, « ces accidents et ces intoxications peuvent, dans la grande majorité des cas, être évités ».
Par M. A.
