Investissement : L’Algérie affine son attractivité en 2026
Le cabinet KPMG Algérie vient de publier son guide 2026 consacré à l’environnement des affaires en Algérie. Membre du réseau international KPMG, l’un des principaux cabinets mondiaux d’audit, de conseil et d’expertise comptable, KPMG Algérie accompagne depuis plusieurs années entreprises locales et investisseurs étrangers dans leurs projets d’implantation, de structuration et de conformité. À travers cette nouvelle édition, le cabinet propose un panorama détaillé du climat d’investissement national et des évolutions qui redessinent progressivement le paysage économique du pays.
L’ouvrage met en lumière une transformation continue du cadre juridique et fiscal, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de diversifier l’économie et de moderniser l’administration. Il décrit un pays en transition, engagé dans une réforme progressive de son environnement des affaires. Entre ouverture maîtrisée, exigences accrues de conformité et recherche d’attractivité, l’Algérie entend consolider sa position comme destination crédible d’investissement en Méditerranée et sur le continent africain.
Au cœur de cette dynamique figure la loi n°22-18 relative à l’investissement, qui a redéfini les règles d’accès au marché. Le principe de liberté d’investir y est réaffirmé et l’ancienne règle dite 49/51 a été supprimée pour les secteurs non stratégiques. Les domaines jugés sensibles, tels que les hydrocarbures, les mines ou certaines infrastructures critiques, demeurent encadrés par des dispositions spécifiques, tandis que l’ouverture est désormais élargie à l’industrie, aux services, au numérique et à l’agroalimentaire.

Le guide souligne également le rôle central de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), chargée d’accompagner les porteurs de projets à travers un guichet unique et une plateforme digitalisée, avec pour objectif de simplifier les procédures, de réduire les délais et de sécuriser les parcours administratifs.
Sur le plan juridique, plusieurs formes d’implantation sont proposées aux investisseurs, qu’il s’agisse de sociétés par actions, de sociétés à responsabilité limitée ou de structures unipersonnelles. Les succursales et bureaux de liaison offrent des solutions intermédiaires pour les entreprises étrangères. Le guide insiste sur la maîtrise des implications fiscales et sociales liées à chaque structure, dans un cadre modernisé appuyé par le Système comptable financier inspiré des normes internationales.
L’attractivité du dispositif repose également sur un ensemble d’incitations destinées à encourager l’investissement productif. Des avantages fiscaux, parafiscaux et douaniers sont accordés aux projets éligibles, notamment dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux. Les exonérations temporaires d’impôts, les franchises de TVA sur certains équipements importés et les facilités d’accès au foncier industriel visent à stimuler l’implantation d’unités de production.
Parallèlement, la protection juridique des investisseurs est renforcée à travers le principe d’égalité de traitement, la garantie contre l’expropriation illégale et la possibilité de recourir à l’arbitrage international. L’Algérie dispose en outre d’un réseau de conventions de non double imposition destiné à sécuriser les flux financiers transfrontaliers.
Si les hydrocarbures continuent de représenter une part significative des recettes d’exportation, les autorités affichent une volonté affirmée de diversification. L’industrie automobile, les mines hors hydrocarbures, les télécommunications, les énergies renouvelables et le numérique figurent parmi les secteurs prioritaires. Le secteur bancaire et financier connaît lui aussi des évolutions notables, avec l’introduction de nouveaux ratios prudentiels, le développement de la finance islamique et une ouverture progressive du marché boursier afin de dynamiser le financement de l’économie. Néanmoins, l’accès au crédit et la question de la liquidité demeurent des défis fréquemment évoqués par les opérateurs.
Le guide met enfin en exergue les réformes engagées en matière de concurrence, de marchés publics, de protection des données et de lutte contre le blanchiment d’argent. La législation sur la protection des données personnelles impose désormais des obligations strictes aux entreprises, sous le contrôle d’une autorité dédiée. Les exigences de transparence, notamment à travers le registre des bénéficiaires effectifs, traduisent une volonté de renforcer la conformité et de limiter les risques de fraude.
La digitalisation progressive des procédures administratives, qu’il s’agisse des permis d’investir, des déclarations fiscales ou des formalités sociales, constitue un autre axe structurant, même si certaines lourdeurs persistent et justifient le recours à un accompagnement spécialisé.
Par Selma R.
