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La 5G et l’automatisation fiable: Clap de fin pour les données erronées

L’Algérie vient d’engager un véritable tournant technologique avec le lancement officiel de la 5G, une avancée qui va bien au-delà d’une simple hausse de débit Internet. Cette transition introduit un enjeu stratégique majeur : tourner la page des données imprécises et des rapports faussés qui ont longtemps compliqué la prise de décision publique. Avec l’arrivée de la 5G, l’automatisation devient un gage de fiabilité, ouvrant la voie à une gestion plus précise, plus rapide et surtout fondée sur des informations objectives.

L’impact de cette transformation n’est pas uniquement technique ; il est également éthique et économique. Dans un contexte où la dépendance de l’Algérie aux données traditionnelles a souvent limité la précision des analyses, la 5G apparaît comme un correctif structurel. Pour l’expert en technologies de l’information, Younès Grar, le changement est profond. « Aujourd’hui, le vrai problème n’est pas l’absence de données, mais la fiabilité de celles qui remontent aux décideurs. Beaucoup sont erronées, parfois intentionnellement modifiées. La 5G va mettre fin à cela en imposant la donnée automatisée, captée par des capteurs et non par des formulaires humains », a-t-il expliqué à « la Chaîne III » de la radio nationale.

Sur le plan technique, la 5G représente une rupture. Le débit passe de 100 à 200 Mb/s en 4G à 1 gigabit par seconde, avec un potentiel de 10 gigabits, soit jusqu’à 100 fois plus rapide. La latence chute à quelques millisecondes, assurant une réactivité quasi instantanée. « Une machine ou un capteur n’attend pas : la donnée est captée, transmise, traitée et renvoyée en un clin d’œil. C’est tout l’esprit de la 5G », a précisé Grar. Cette performance repose sur une densification du réseau, grâce à un nombre plus important d’antennes et à l’exploitation de nouvelles fréquences. L’Algérie a d’ailleurs adopté un plan national de déploiement sur six ans, avec une première phase couvrant 12 wilayas pilotes avant une extension progressive.

Cette architecture ouvre la voie à une collecte entièrement automatisée des données, notamment dans les secteurs où les erreurs humaines sont fréquentes : agriculture, industrie, gestion territoriale, énergie ou transports. Dans le domaine agricole, par exemple, des capteurs pourront mesurer en continu l’humidité, la température, la pluviométrie ou l’état du sol, et transmettre ces informations en temps réel vers un centre distant de 100 ou 200 kilomètres. « L’agriculteur n’aura plus besoin de déclarer manuellement ses données : elles remonteront automatiquement, de manière exacte, sans aucune possibilité de manipulation », a souligné l’expert. Une dynamique similaire s’annonce dans la gestion urbaine, où des systèmes intelligents pourront surveiller le trafic, ajuster l’éclairage public ou optimiser la consommation énergétique. Dans le secteur du transport, la 5G devient indispensable pour la voiture intelligente, dont les capteurs doivent transmettre et recevoir des instructions sans aucune latence.

Cette automatisation s’articule directement avec l’intelligence artificielle. Les machines apprennent grâce aux données ; plus elles sont nombreuses, rapides et fiables, plus les systèmes gagnent en efficacité. « Une IA sans données fiables est une IA inutile. La 5G, c’est la colonne vertébrale qui rend l’intelligence artificielle réellement opérationnelle dans tous les secteurs », a insisté Grar. C’est l’un des piliers de la stratégie nationale, qui vise à associer le déploiement de la 5G à une modernisation numérique globale, fondée sur la donnée brute, mesurable et traçable.

Toutefois, cette transformation n’est pas sans risques. L’expert rappelle que la 5G accroîtra également l’exposition des citoyens aux dangers du numérique : fake news, virus, malveillance et cyberattaques. « Plus il y a d’utilisateurs, plus il y a de risques. L’éducation numérique doit accompagner la 5G, sinon nous créerons un avantage technique mais un désavantage social », a-t-il averti. Dans le même esprit, le ministre de la Poste et des Télécommunications a appelé les opérateurs à renforcer la qualité de service et à intensifier les actions de sensibilisation.

Dans un contexte africain marqué par une dépendance persistante vis-à-vis des géants technologiques étrangers, l’Algérie veut faire de cette transition un socle de souveraineté numérique. Cette ambition rejoint les orientations de la Conférence africaine des start-up, qui insiste sur la nécessité pour les pays du continent d’unir leurs efforts face aux enjeux technologiques.

Par Adem A.

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