L’AAPI réalise des avancées significatives
L’investissement en Algérie connaît un nouvel élan. Portée par une volonté politique affirmée et des réformes économiques profondes, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) s’impose aujourd’hui comme un acteur clé dans la concrétisation de la stratégie nationale de diversification et de modernisation économique. Son directeur général, Omar Rekkache, a souligné, lors de son passage à l’émission « Forum el Oula » de la radio nationale, que l’Algérie « a tourné une page décisive » dans sa manière de concevoir et de gérer l’investissement.

Selon M. Rekkache, la réforme du climat des affaires, initiée par le président Abdelmadjid Tebboune dès le début de son mandat, a transformé le soutien à l’investissement en une « doctrine économique » à part entière. « Le président de la République a fait du soutien aux investisseurs, qu’ils soient publics ou privés, un pilier du développement. Aujourd’hui, l’investissement n’est plus une option, c’est une conviction », a-t-il affirmé. L’un des chantiers majeurs demeure la lutte contre la bureaucratie, longtemps perçue comme un frein au développement. « Le véritable obstacle n’est pas le manque d’incitations, mais la lenteur des procédures. L’investisseur ne recherche pas seulement des avantages fiscaux, il veut de la clarté, de la transparence et des démarches rapides », a insisté le directeur général de l’AAPI. C’est dans cette optique que l’agence a mis en place un guichet unique numérique, désormais la seule plateforme officielle de traitement des dossiers d’investissement. Cette digitalisation vise à éliminer les lourdeurs administratives, garantir la transparence et assurer une traçabilité complète des demandes.
Depuis sa réorganisation, l’AAPI affiche un bilan solide : 17 511 projets d’investissement enregistrés au 25 septembre 2025, tous détenteurs d’un certificat officiel d’enregistrement. « Ce ne sont pas de simples intentions, mais des projets concrets portés par des acteurs économiques prêts à produire », a expliqué Omar Rekkache. L’objectif fixé par le président Tebboune est ambitieux : atteindre 20 000 projets réalisés sur le terrain, non pas seulement approuvés sur papier. Pour y parvenir, l’AAPI déploie un dispositif de suivi permanent sous la supervision directe du Premier ministre, combinant accompagnement technique, visites de terrain et appui administratif. « Notre mission n’est pas de contrôler, mais d’accompagner. Nous travaillons main dans la main avec les investisseurs pour comprendre les obstacles et leur trouver des solutions rapides », a précisé le directeur général.
17 511 projets enregistrés
Les résultats enregistrés lors de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), organisée à Alger, confirment cette dynamique. Pas moins de 240 milliards de dollars de contrats ont été conclus, dont 11,4 milliards de dollars signés par des entreprises algériennes, publiques et privées. De plus, 11,6 milliards de dollars supplémentaires sont actuellement en cours de négociation, selon les chiffres communiqués par Afreximbank. Pour l’intervenant, ces résultats traduisent « la montée en puissance de l’économie algérienne sur la scène africaine ». Il a salué le rôle du président de la République qui, selon lui, « a su offrir au pays une visibilité et une crédibilité nouvelles auprès de nos partenaires africains et internationaux ». L’enjeu principal réside désormais dans la mise en œuvre effective des contrats, étape cruciale pour transformer les engagements commerciaux en projets industriels et productifs.
L’un des constats les plus encourageants, selon M. Rekkache, est la mutation de la relation entre l’AAPI et le secteur bancaire. « Nous observons un changement de paradigme : aujourd’hui, certaines banques viennent spontanément vers nous pour proposer des offres de financement à des projets porteurs », a-t-il déclaré. Cette compétition entre banques pour accompagner les investisseurs marque une évolution notable du système financier algérien, longtemps perçu comme frileux. De plus, l’AAPI œuvre en étroite collaboration avec le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) et d’autres organisations patronales pour identifier les blocages et adapter les dispositifs de soutien. « Nous ne faisons pas de distinction entre le secteur public et le secteur privé. L’économie nationale doit avancer comme un seul corps, animé par la même ambition », a-t-il affirmé.
Autre volet majeur : la gestion du foncier économique. L’AAPI détient désormais la compétence sur les terrains industriels, touristiques et urbains. Objectif : mettre fin à l’opacité des attributions et assurer une répartition équitable du foncier sur tout le territoire. « Nous travaillons à valoriser les zones industrielles sous-utilisées comme celles de Saïda, El Bayadh ou Mostaganem. Le développement ne doit plus se concentrer sur les mêmes régions », a expliqué le directeur général. Il a cité plusieurs exemples de réussite, notamment le projet General Emballage à Naâma, symbole d’une industrialisation décentralisée, ou encore les nouveaux investissements à Djelfa et AïnOussara.
Une dynamique continentale et des chiffres parlants
Fort de ses atouts géographiques et de ses infrastructures, l’Algérie ambitionne de devenir un centre économique africain majeur. « L’Algérie dispose de tous les éléments pour jouer un rôle moteur dans l’intégration économique du continent », a soutenu Rekkache, rappelant les projets structurants à vocation africaine déjà réalisés : corridors routiers, fibre optique, coopération énergétique, et participation active aux échanges interafricains. L’AAPI, dans ce contexte, accompagne l’État dans la concrétisation d’un modèle productif, fondé sur la diversification, la compétitivité et l’innovation. L’agence soutient également la création de 20 000 entreprises émergentes, notamment des startups et PME, moteurs de la nouvelle économie nationale.
La relance des usines à l’arrêt, la multiplication des projets structurants et la moralisation de la vie économique constituent les trois leviers du nouvel élan productif. « Il ne s’agit pas seulement de rouvrir des usines, mais de construire une économie diversifiée, performante et résiliente », a souligné M. Rekkache. Le directeur général de l’AAPI résume ainsi la nouvelle orientation économique du pays : « L’économie algérienne entre dans une phase de maturité. Nous avons dépassé le stade de la planification ; nous sommes désormais dans celui de l’action. Chaque projet, chaque usine, chaque entreprise compte dans cette bataille pour la souveraineté économique ».
Par Mourad A.
