Le numérique occupe aujourd’hui l’espace médiatique, celui des politiques économiques, les relations sociales et certainement toute notre vie. Il est devenu tellement présent dans notre vie au quotidien. Il est semblable à l’électricité il y a plus d’un siècle et aujourd’hui. On ne peut pas imaginer une vie sans numérique, principalement internet, mais de plus en plus les autres services dans des réseaux plus spécialisés. Au plan économique, le numérique a transformé les structures et les comportements économiques. Une économie moderne c’est une économie numérique ou portée par le numérique. L’économie numérique est à la fois une sphère d’activité et un facteur de transformation des autres activités
De quoi s’agit-il ?
Une économie moderne c’est un investissement croissant de l’Etat et des entreprises ; une attractivité des territoires par des facteurs distinctifs ;des gains continus en PGF (Productivité Globale des Facteurs) ; des revenus en progression pour tous les habitants.
Comment ?
Sur quels leviers ?
– décentralisation/déconcentration de la décision publique
– simplifications administratives
– un service public de qualité
La présence de secteur informel important est un indicateur de disfonctionnement de l’économie ; il va constituer un obstacle majeur aux réformes : aujourd’hui, l’Etat ne peut intervenir par ses politiques que sur un tiers de l’économie et de la société;
Ainsi, une économie moderne ne peut se concevoir et se mettre en place qu’articulée au numérique. Le numérique devient le levier principal de transformation et de modernisation.
L’économie numérique n’est pas l’apanage de quelques secteurs qui produisent ou qui sont basés sur les T.I.C., mais aussi les secteurs qui les utilisent.
L’économie numérique n’est pas la numérisation ou l’informatisation, celles-ci ne sont que des supports.
L’impact de l’économie numérique sur l’économie globale :
Une stratégie nationale pour l’économie numérique
Formellement, en Algérie, cette stratégie de transformation et de modernisation de l’économie et de la société n’est pas encore élaborée, mais la création de départements ministériels pour l’économie de la connaissance, de la numérisation et même de l’économie numérique est en soi une expression de la volonté de l’Etat de mettre en place une stratégie nationale. Les préalables à cette stratégie sont, d’une part, le défi infrastructurel et le rôle de l’Etat dans le financement des infrastructures et des réseaux (180.000 Kms de Fibre optique) ; le cadre législatif et réglementaire qui s’est matérialisé par la loi sur les Télécoms (2018) et la loi sur le commerce électronique. Mais dans les faits aucune action dans le sens d’une mise en œuvre de cette stratégie n’a été lancée ; ni l’ouverture de la boucle locale, ni le paiement électronique. Ce dernier est le principal levier de la dynamique de l’économie numérique.
Il faut dire que L’Algérie a fait un saut qualitatif au cours des 10 dernières années en matière de modernisation des services aux citoyens : état civil, services judiciaires, sécurité sociale, cependant, un retard persiste en matière d’e-paiement. Selon un classement de l’ONU (rapport de l’ONU sur l’e-gouvernement 2014), l’Algérie se positionne au milieu du classement en Afrique, soit 16ème sur 33 pays. L’Algérie ne tire pas profit de la densité de la couverture du réseau mobile qui a connu un développement fulgurant dans les segments voix et réseaux sociaux.
Mais pour quels usages seront utilisées les ressources mobilisées ? Pour moderniser les services publics, le système financier, le système éducatif, la santé ou pour les réseaux sociaux : peut-on se permettre de payer la bande passante pour un usage seulement ludique (réseaux sociaux) ? Toute la question est là.
Développer la chaîne de valeur est une conséquence directe des points précédents, où se mêlent les convergences des supports IT, des plateformesde services et des réseaux.
En effet, la chaîne de valeur des télécommunications est composée de maillons (acteurs) interdépendants. Les principales composantes étaient jusqu’à présent l’opérateur réseau et le client final. Mais avec l’avènement d’une multitude de services, et plus spécifiquement dans les réseaux larges bande, la chaîne de valeur devrait se composer d’acteurs exclusivement focalisés sur les services et ceux focalisés sur le réseau avec comme dénominateur commun« Le client final ».
Se positionner sur les CVMs dans le cadre de la convergence est l’option la plus porteuse, pour ne pas reproduire le cas de l’automobile (Absence sur l’ensemble de la CVM de l’automobile).
En se focalisant sur les métiers de gestion et développement des réseaux et infrastructures (accès + transport), l’opérateur historique doit d’une part reconfigurer la chaîne de valeur nationale des télécommunications, en créant une nouvelle catégorie d’entreprises intermédiaires entre l’utilisateur final et l’opérateur historique (B2B2C) mieux structurées et plus productives, car spécialisées ; et d’autre part, développer les volumes de télécommunications réseau et service (données ou voix), et offrir ainsi des avantages à l’achat en gros des capacités Internet et voix. Il doit aussi aider au développement des fournisseurs de contenu générateurs de Valeur Ajoutée. Ce sont les supports numériques et la dématérialisation des services qui font l’économie numérique.
ANOUAR EL ANDALOUSSI
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