03/04/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Les agriculteurs appellent à la relance des microcrédits

Confrontés à des charges de production de plus en plus lourdes dans un contexte climatique devenu imprévisible, les agriculteurs appellent à la relance des microcrédits à travers un mécanisme plus souple et une assurance agricole renforcée. Après plusieurs années d’interruption, cette mesure fait désormais l’objet d’un examen au niveau du gouvernement, ouvrant ainsi la perspective d’un soutien financier susceptible de redonner de l’air au secteur.

Selon Benali Abdelghani, secrétaire général du Conseil national interprofessionnel de la filière des céréales (CNIFC), la réactivation de ces crédits ciblés répond à une revendication ancienne des agriculteurs. « Les mécanismes existaient autrefois via la mutualité agricole, qui gérait ces prêts de manière efficace. Après leur suspension, les exploitants se sont retrouvés sans soutien véritable. Nous avons demandé à ce que ces microcrédits reviennent, car le besoin est réel et urgent », a-t-il expliqué au micro d’Echourouk News.

Il précise que le ministre de l’Agriculture s’est engagé à examiner avec le gouvernement les modalités de réintroduction de ces financements, indispensables pour l’acquisition des intrants, des équipements légers et pour l’entretien régulier des exploitations. « La relance de ces prêts créerait davantage de souplesse pour les agriculteurs, surtout pour ceux dont les dépenses ne dépassent pas un ou deux millions de dinars. Ce sont eux qui ressentent le plus fortement les pressions financières », a-t-il ajouté.

Au-delà du volet financier, Benali Abdelghani souligne l’importance d’une refonte de l’assurance agricole, devenue indispensable face à la multiplication des aléas climatiques. Il estime que les dispositifs actuels ne répondent plus aux besoins du terrain. « Nous avons demandé une révision profonde de l’assurance agricole.

Aujourd’hui, avec les changements climatiques, elle doit être plus complète, plus adaptée. Nous proposons que l’État intervienne pour soutenir ce dispositif à hauteur de 60 à 80 %, afin de permettre aux agriculteurs d’y accéder sans contrainte », a-t-il affirmé. Une protection élargie permettrait, selon lui, de sécuriser les exploitants contre les pertes imprévues et de consolider les efforts de production nationale, en particulier dans la filière céréalière, pilier de la sécurité alimentaire.

Pour le CNIFC, l’enjeu va au-delà du simple accès au crédit. Il s’agit de mettre en place un environnement dans lequel les agriculteurs peuvent travailler dans de meilleures conditions, à l’abri des lourdeurs administratives et des risques financiers incontrôlables. Benali Abdelghani rappelle à ce sujet que « la simplification des démarches, l’accompagnement matériel et l’accès au crédit constituent le socle d’une production durable capable de garantir la sécurité alimentaire du pays ».

Par M. A.

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