L’expert Mustapha Mekidèche l’a souligné : « La mine de Zinc-Plomb, un levier pour la diversification économique »
Alors que l’Algérie accélère sa mutation industrielle, le secteur minier s’impose progressivement comme le second moteur de la croissance nationale. Dans ce contexte, le lancement du projet de zinc et de plomb à Oued Amizour marque une étape décisive dans la stratégie visant à rompre avec le modèle « tout hydrocarbures ».

Intervenant sur les ondes de « Chaîne III » de la radio nationale, Mustapha Mekidèche, expert et ancien dirigeant de l’Entreprise nationale de l’engineering pétrolier, a tenu à souligner que l’importance de ce gisement dépasse largement le cadre de la simple extraction minière. Il s’agit, selon lui, d’un projet structurant, capable d’impulser une transformation en profondeur de l’économie nationale. « La diversification est engagée, à la fois en aval avec les industries et en amont avec le développement minier », a-t-il affirmé, précisant que ces ressources constituent un levier essentiel pour réduire durablement la dépendance aux revenus pétroliers.
Dans cette dynamique, l’Algérie mise sur des partenariats technologiques de premier plan, associant des acteurs australiens pour l’expertise minière et des partenaires chinois pour les infrastructures. L’objectif est clair : dépasser le simple stade de l’exportation de matières brutes pour bâtir une véritable chaîne de valeur intégrée. Selon Mustapha Mekidèche, ce gisement représente une « grosse patate », dont l’impact potentiel sur le PIB et la balance commerciale pourrait rivaliser avec celui des grands projets gaziers et pétroliers.
L’attractivité générée par le projet d’Oued Amizour agit déjà comme un puissant catalyseur d’investissements directs étrangers. Avec des réserves estimées à 34 millions de tonnes, le site positionne l’Algérie comme un acteur de plus en plus crédible sur une scène internationale où les métaux de base prennent une importance stratégique croissante. Cette dynamique est également soutenue par la modernisation du cadre réglementaire, notamment à travers le guichet unique qui facilite l’implantation des partenaires internationaux. Ce projet s’inscrit dans une logique de complémentarité avec d’autres grands pôles miniers du pays, à l’image de Gara Djebilet pour le fer.
Cette synergie contribue à renforcer le rôle de Sonarem, appelée à devenir un acteur central du secteur. À ce propos, Mustapha Mekidèche estime que l’entreprise pourrait connaître une trajectoire comparable à celle de Sonatrach, affirmant qu’« elle pourrait à terme jouer un rôle comparable dans son domaine, y compris à l’international ».
Par ailleurs, les retombées du projet dépassent le seul cadre industriel pour toucher au développement territorial. L’exploitation du gisement devrait favoriser le désenclavement de la région et stimuler la création d’emplois qualifiés. « C’est tout un microcosme économique qui va se développer », a expliqué l’expert, évoquant notamment le développement d’infrastructures portuaires et ferroviaires nécessaires à l’acheminement du minerai.
Par S. R.
