Ligne ferroviaire minière Béchar–Tindouf–Gara Djebilet : Un projet stratégique sur les rails
La nouvelle ligne ferroviaire minière reliant Béchar à Tindouf et à la mine de Gara Djebilet franchit une étape décisive. Les essais techniques réalisés récemment sur ce tronçon stratégique ont été couronnés de succès, ouvrant la voie à une mise en exploitation progressive après son inauguration officielle par le président de la République. Une avancée majeure pour le développement du Sud-Ouest du pays et pour la relance du transport ferroviaire national.

M. Farid Halliche, directeur central chargé de la clientèle à la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), invité de la Radio algérienne, est revenu en détail sur l’importance de ce projet d’envergure, tant sur le plan économique que social et logistique.
S’étendant sur près de 950 kilomètres entre Béchar – la mine de Gara Djebilet, dont 815 kilomètres entre Béchar et Tindouf, cette nouvelle ligne constitue une première historique. Jamais auparavant le réseau ferroviaire national n’avait atteint la wilaya de Tindouf, longtemps enclavée. «C’est une nouvelle ligne qui va considérablement booster le trafic ferroviaire, aussi bien pour le transport de marchandises que pour celui des voyageurs», a souligné M. Halliche.
Les essais menés la semaine dernière ont porté sur deux volets essentiels : l’état de la voie ferrée et la logistique liée au chargement et au déchargement du minerai de fer. Ces opérations ont été réalisées en coordination avec les partenaires du projet, notamment l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) et l’entreprise FERAAL, chargée de l’exploitation minière. Des wagons ont ainsi été chargés à Gara Djebilet avant d’être acheminés vers le port d’Oran, confirmant la fiabilité de la chaîne logistique.
Au-delà du fret minier, la ligne assurera également le transport de voyageurs, avec la mise en circulation de deux trains quotidiens simultanés : l’un au départ de Béchar vers Tindouf à 8h30, l’autre de Tindouf vers Béchar à 9h15. Ces trains desserviront plusieurs localités intermédiaires, contribuant au désenclavement de zones éloignées et à la dynamisation des échanges régionaux.
Les rames destinées à cette ligne sont composées de voitures réhabilitées dans les ateliers de la SNTF à Sidi Bel Abbès. D’une capacité de 246 places, elles comprennent une voiture de première classe, deux de deuxième classe et une voiture de restauration. « Ce sont les mêmes types de voitures que celles utilisées sur la ligne Alger–Tunis », a précisé le responsable, assurant un niveau de confort conforme aux standards actuels.
En matière de vitesse, les trains circuleront entre 80 et 100 km/h, une cadence adaptée aux caractéristiques techniques de la voie. L’entretien de ce long tronçon, exposé notamment à l’ensablement, fait partie des missions prioritaires de la SNTF. Des engins spécialisés seront acquis pour garantir la durabilité de l’infrastructure, même si la voie a été conçue légèrement surélevée pour limiter les risques.
Sur le plan économique, le transport du minerai de fer représente un enjeu majeur. À terme, la ligne devra acheminer jusqu’à 50 millions de tonnes de minerai brut par an, auxquelles s’ajouteront 25 millions de tonnes de produits semi-finis et finis, soit un volume total de 75 millions de tonnes à l’horizon 2040. Les convois miniers seront d’une tout autre dimension : jusqu’à 170 wagons par train, pour un poids pouvant atteindre 17 000 tonnes et une longueur de plus de 2 kilomètres.
Par Réda Hadi
