25/05/2024
ACTUALITEFINANCE

Gouverneur de la BA à la 49e réunion du CMFI:  «L’économie mondiale semble se diriger vers un atterrissage en douceur»

Le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Salah-Eddine Taleb, a plaidé,  à l’occasion de la 49e réunion du Comité monétaire et financier international tenue les 18 et 19 avril en cours à Washington, en marge des réunions de printemps du FMI et BM- pour le soutien des pays à faibles revenus et l’allégement de leur dette.  Présidant la circonscription de pays (Algérie, le Ghana, la République islamique d’Iran, la Libye, le Maroc, le Pakistan et la Tunisie), M. Taleb a affirmé que « depuis notre dernière réunion annuelle, la guerre à Gaza a introduit un nouvel élément d’incertitude grave pour la région et au-delà et a créé une crise humanitaire aux proportions incommensurables.  La guerre à Gaza a élargi les divisions géopolitiques et géoéconomiques qui existaient déjà en raison d’autres guerres et conflits créant des obstacles à la facilitation du commerce, à la migration et aux flux de capitaux mondiaux. Nous restons fermement convaincus qu’une paix durable est essentielle à la stabilité et à la prospérité mondiales».

À moins que de nouveaux chocs majeurs apparaissent, dira-t-il, l’économie mondiale semble se diriger vers un atterrissage en douceur et une désinflation durable, à la suite de la pandémie et de la crise du coût de la vie de ces dernières années.  «La reprise économique mondiale a toutefois été inégale, creusant les divergences entre les groupes de pays et au sein de ceux-ci. La désinflation mondiale a été plus généralisée, tirée par la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et des matières premières et par le fort resserrement des politiques monétaires des principales économies», souligne le Gouverneur de la BA dans son allocution.

Dans le cas des pays à faible revenu (LICs : Low-Income Countries), dont la plupart disposent de peu ou pas de marge de manœuvre pour les politiques économiques, «l’augmentation des paiements d’intérêts – qui ont doublé au cours des 15 dernières années – ainsi que la diminution du soutien financier extérieur entravent les investissements nécessaires au renforcement de la croissance, ce qui rend le la réalisation de leurs objectifs de développement durable d’ici la fin de la décennie moins probable».

En fait, l’augmentation progressive attendue de la croissance dans les LICs dépendra de la suppression de tous les obstacles à l’investissement et à la croissance et de l’obtention d’un financement adéquat aux conditions les plus concessionnelles s’ils veulent atteindre leurs objectifs de développement, promouvoir l’inclusion et éradiquer une pauvreté profondément enracinée.

Les pays se trouvent à différents stades de rétablissement après les récents chocs externes qui se sont superposés et la préservation des gains durement acquis nécessite des ajustements progressifs des politiques macroéconomiques, mais néanmoins soutenus, ainsi que des réformes structurelles adaptées à la situation de chaque pays.

« Nous sommes d’avis que l’assainissement budgétaire et la reconstitution des marges de manœuvre budgétaires sont indispensables à la viabilité de la dette à moyen terme, sans perdre de vue la protection des segments les plus vulnérables de la population par des dépenses sociales ciblées. La vigueur récente des marchés internationaux du pétrole et du gaz a offert une opportunité aux exportateurs d’énergie de notre région de renforcer leurs efforts à long terme visant à accroître l’épargne publique et à diversifier leurs économies. Nous sommes d’accord avec le FMI sur le fait que la mise en œuvre de réformes ciblées et bien échelonnées visant à renforcer l’offre – notamment en matière de gouvernance, de réglementation des affaires, de marché du travail et de secteur extérieur – est essentielle pour parvenir à une croissance inclusive plus forte dans tous les pays», a-t-il souligné également.

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque d’Algérie a indiqué que «Nous soutenons les travaux en cours du FMI sur le climat, la numérisation, l’égalité des sexes et la stabilité macro-financière et saluons particulièrement l’approfondissement du travail du FMI en faveur des États fragiles et touchés par un conflit. Nous saluons également les efforts déployés par le FMI pour adapter sa boîte à outils de prêts à l’évolution des circonstances et des défis». 

L’engagement du FMI à contribuer à atténuer les vulnérabilités liées à la dette en soutenant les efforts mondiaux et en actualisant les politiques en matière de dette a été également salué par ces pays.

Dans ce contexte, « nous saluons les progrès réalisés dans le contexte du Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette, qui a commencé à produire des résultats tangibles et accélère les processus de restructuration de la dette. Nous reconnaissons qu’il est impératif de renforcer davantage ces efforts. Nous sommes préoccupés par la fragmentation géoéconomique qui a érodé certains des gains durement acquis de la mondialisation au cours des dernières décennies», indique-t-il.

Enfin, «nous réitérons notre soutien résolu à un FMI fort, basé sur des quotes-parts et doté de ressources adéquates, au centre du filet de sécurité financière mondial et appelons le FMI à accélérer les travaux sur une nouvelle formule de quote-part dans le contexte du 17ème Révision Générale des Quotas (GRQ : General Review of Quotas)», conclut-il.

Synthèse Z R

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