Loi de finances 2026: Baisse du coût fiscal pour les entreprises
La fiscalité appliquée aux investisseurs en Algérie poursuit sa trajectoire baissière. La Loi de finances 2026 vient confirmer une orientation engagée depuis plusieurs années : alléger durablement la charge fiscale pesant sur les entreprises structurées afin de stimuler l’investissement productif, renforcer la création de valeur et soutenir la diversification de l’économie nationale.
Selon une analyse menée sur la période 2021-2026 par le Cabinet Finabi Conseil, le coût fiscal global supporté par les investisseurs personnes physiques opérant à travers des EURL, SARL ou SPA a reculé de manière significative. Cet indicateur, qui intègre l’ensemble des prélèvements affectant le résultat distribuable — à savoir l’IBS, la TAP, l’IRG sur salaires et l’IRG sur dividendes — affiche une baisse moyenne comprise entre 10 et 13 points selon les secteurs d’activité. Pour Chabane Assad, fondateur de Finabi Conseil, cette évolution n’est ni conjoncturelle ni accidentelle.

« L’analyse sur cinq exercices montre clairement une tendance structurelle à la baisse du coût fiscal. Elle a été amorcée dès 2022, consolidée en 2024 et renforcée par les mesures prévues dans la Loi de finances 2026. Cela traduit une vision cohérente des pouvoirs publics en faveur de l’investissement productif», explique-t-il. Pour le secteur industriel, il explique que celui-ci illustre parfaitement cette nouvelle orientation. En 2021, la pression fiscale globale y dépassait 41%. La suppression progressive de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) pour l’industrie, combinée à l’instauration d’un taux d’IBS réduit à 10% en cas de réinvestissement, a constitué un tournant majeur. Résultat : le coût fiscal est tombé à 34% dès 2023 et atteindrait environ 30 % en 2026.
Mieux encore, pour les entreprises industrielles qui réinvestissent au moins 40 % de leurs bénéfices, ce taux pourrait descendre à près de 27%. « Le signal envoyé est clair : l’État algérien privilégie la production locale, la montée en gamme industrielle et le réinvestissement des bénéfices dans l’outil productif », souligne-t-il
Tandis que pour les secteurs du BTPH et du tourisme, qui supportaient une charge fiscale comprise entre 47 et 48 % en 2021, ils bénéficient eux aussi d’un allègement substantiel. Les réformes successives ont permis de ramener ce taux à 43% en 2023, puis à 37% en 2024 après la suppression totale de la TAP.
La Loi de finances 2026 consolide cette dynamique, avec un coût fiscal projeté à 33,64%, notamment grâce à la baisse de l’IRG sur les dividendes. Une évolution saluée par les professionnels, dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et à fort effet d’entraînement sur l’économie nationale.
Maintenant s’agissant des services et commerce, il y une modération progressive. En effet, longtemps considérés comme les secteurs les plus fiscalisés, les services et le commerce enregistrent également une baisse notable. Leur coût fiscal, qui avoisinait 50% en 2021, est passé à 39,7% en 2024 et devrait atteindre 36,22% en 2026. Pour l’expert, cette évolution est stratégique : « La modération progressive de la fiscalité dans ces secteurs vise à encourager l’investissement privé, la formalisation de l’économie et l’élargissement de l’assiette fiscale, autant de leviers indispensables à une croissance durable ».
Le secteur de la publicité fait figure d’exception. Il est le seul à avoir enregistré une hausse relative sur la période, en raison du doublement de la taxe sur le chiffre d’affaires, passée de 1% à 2%. Malgré cela, la baisse de l’IRG sur les dividendes permet de stabiliser le coût fiscal global autour de 47 % en 2026. L’une des mesures phares de la Loi de finances 2026 réside dans la révision à la baisse de l’IRG sur les dividendes, ramenée de 15% à 10%. Cette décision vise à corriger les effets négatifs observés ces dernières années sur l’épargne et la mobilisation des capitaux. « La réduction de l’imposition sur les revenus distribués constitue un levier puissant pour renforcer le capital productif et améliorer l’attractivité de l’investissement en Algérie », conclut CHABANE ASSAD. Une orientation qui confirme la volonté des autorités de placer l’économie réelle au cœur des priorités fiscales.
Par Réda Hadi
