03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

L’UGTA appelle à accélérer la dynamique économique

L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a salué les nouvelles mesures sociales annoncées par le président de la République, tout en insistant sur la nécessité d’engager une dynamique économique plus soutenue pour accompagner ces décisions. Pour Amar Takdjout, secrétaire général de la centrale syndicale, les récentes annonces confirment une orientation sociale claire mais imposent également un devoir collectif d’efficacité et de productivité pour que ces mesures produisent leur plein effet.

La décision la plus marquante est la revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG), qui passera de 20 000 à 24 000 DA dès janvier 2026. Une mesure très attendue, qui, selon Takdjout, répond à un engagement pris par le chef de l’État. « Le président a tenu parole. L’UGTA avait formulé cette demande le 1er mai 2024. Aujourd’hui, nous constatons que les engagements ont été respectés », a-t-il souligné sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale. Cette augmentation concerne bien plus que les travailleurs rémunérés au minimum.

Le SNMG constituant une référence de calcul, son relèvement impactera également certaines catégories de cadres, les pensions de retraite et de nombreuses grilles salariales. Amar Takdjout propose d’ailleurs plusieurs approches pour son application : une hausse uniforme de 4 000 DA, une augmentation en pourcentage selon les capacités financières des entités ou encore un système dégressif pour éviter le tassement des salaires. Depuis 2020, plusieurs mesures sociales ont été engagées par les pouvoirs publics : revalorisations salariales dans la fonction publique, relèvement des pensions de retraite d’environ 15 %, et mise en place d’une allocation chômage destinée aux primo-demandeurs. Entre 2023 et 2024, les travailleurs du secteur public ont ainsi bénéficié d’augmentations cumulées atteignant 47 %. Le président s’est engagé à porter cette revalorisation à 100 % d’ici 2027, avec une étape importante à franchir en 2026.

Parmi les décisions annoncées figure également la revalorisation de l’allocation chômage, qui passera de 15 000 DA à 18 000 DA. Le président a par ailleurs instruit le ministre du Travail de revoir les modalités de renouvellement du dossier, qui devra désormais être actualisé tous les six mois, et de fixer la durée de versement à une année renouvelable. Pour Amar Takdjout, l’allocation chômage doit toutefois s’inscrire dans une logique d’insertion et non d’inactivité. « Nous devons responsabiliser les bénéficiaires. Il n’est pas question de percevoir une allocation sans contribution à la société ou sans formation. Chaque jeune doit intégrer un parcours : travail d’utilité publique, formation qualifiante ou action citoyenne », a-t-il expliqué. Il a notamment cité la sensibilisation environnementale, la lutte contre les fléaux sociaux ou la mobilisation dans les établissements scolaires et les quartiers. « Nous avons des compétences extraordinaires, mais elles sont parfois laissées en marge. Pourquoi un biologiste marin resterait-il chez lui alors que notre Méditerranée est malade ? », a-t-il ajouté avec regret.

Sur le plan économique, Takdjouta estimé que « l’Algérie va dans la bonne direction », mais a insisté sur l’urgence d’accélérer la cadence. Selon lui, la réussite des mesures sociales dépend directement de la capacité du pays à créer davantage d’emplois, stimuler l’investissement, augmenter la production nationale et améliorer l’efficacité administrative. « Sans un effort réel de productivité, les augmentations risquent d’être absorbées par l’inflation. C’est là tout l’enjeu », a-t-il averti.Il a également rappelé que le nombre de bénéficiaires de l’allocation chômage est finalement inférieur aux prévisions initiales, ce qui constitue selon lui une opportunité pour renforcer l’accompagnement vers l’emploi et les programmes de formation.

Pour 2026, le secrétaire général de l’UGTA espère que l’ensemble de ces mesures qu’il s’agisse de la revalorisation des salaires, des retraites ou de l’allocation chômage permettront de « remettre tout le monde au travail », de renforcer la confiance entre citoyens, institutions et acteurs économiques et de consolider une dynamique sociale et économique durable.« Nous devons vulgariser ces décisions, encourager le débat et agir ensemble pour construire une économie productive. La balle est désormais dans notre camp »,a conclu Amar Takdjout, appelant à un engagement collectif pour accompagner les orientations du président de la République.

Par M. A.

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