Main-d’œuvre qualifiée: Une cartographie nationale pour accompagner la dynamique de l’investissement
L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels ont signé une convention-cadre stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique commune d’échange de données. Cette initiative vise à bâtir une cartographie nationale précise des besoins en main-d’œuvre qualifiée, en adéquation avec les projets d’investissement en cours et à venir, partant du principe que la réussite de l’investissement passe désormais par la valorisation des compétences nationales.
Signée par la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mme Nassima Arhab, et le directeur général de l’AAPI, M. Omar Rekkache, la convention a été conclue lors d’une journée d’information organisée sous le thème « Une main-d’œuvre qualifiée, un investissement réussi ». À cette occasion, le responsable de l’AAPI a souligné que cette démarche s’inscrit dans « les efforts visant à renforcer l’attractivité de l’investissement, à réaliser un développement régional équilibré et à stimuler l’activité économique », mettant en avant la qualité de la coordination intersectorielle engagée avec le secteur de la formation professionnelle.

Dans son intervention, M. Rekkache a dressé un tableau chiffré révélateur de la dynamique actuelle de l’investissement. En 2025, et jusqu’au 30 novembre, l’AAPI a enregistré 7 511 projets d’investissement, dont 3 833 nouveaux projets et 3 562 projets d’extension, en plus d’opérations de réhabilitation. Cette évolution porte à 18 712 le nombre total de projets recensés depuis l’entrée en vigueur du nouveau cadre juridique de l’investissement, le 1er novembre 2022. Le montant global déclaré s’élève à 8 049 milliards de dinars, avec une perspective de création de plus de 454 800 emplois directs à l’échelle nationale.
Face à cette montée en puissance des projets, le défi n’est plus uniquement financier ou administratif, mais résolument humain. « Cette dynamique accrue rend indispensable l’intensification des efforts pour la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux exigences des entreprises économiques et de s’adapter à l’évolution technologique et à l’innovation », a insisté le directeur général de l’AAPI, rappelant que le nouveau système d’investissement accorde une priorité particulière aux projets à fort potentiel de création d’emplois.
C’est précisément pour répondre à cet enjeu que la plateforme numérique conjointe a été conçue. Alimentée par les données directement déclarées par les investisseurs, elle permettra d’identifier, par région, par secteur d’activité et par spécialité, les besoins réels en compétences et en postes d’emploi. Cet outil offrira au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels une visibilité en temps réel sur la demande effective du marché du travail, lui permettant de concevoir des offres de formation plus ciblées, plus flexibles et davantage anticipatives.
M. Rekkache n’a pas manqué de saluer, à ce propos, l’implication croissante des opérateurs économiques, qui ont déjà engagé des démarches de coordination avec les services de la formation professionnelle, notamment à travers la création de circuits de formation spécialisés et la signature de conventions adaptées aux besoins spécifiques de leurs projets.
Il a également mis en avant l’innovation majeure introduite par cette convention, à savoir la mise en place d’un mécanisme d’interopérabilité entre les systèmes d’information des deux institutions, permettant un transfert direct et automatisé des besoins en formation exprimés par les investisseurs. Au-delà de l’adaptation des programmes, cette approche vise à structurer de véritables bassins locaux d’emploi, à améliorer la productivité globale et à mieux connecter le capital humain aux opportunités d’investissement. Une vision que le directeur général de l’AAPI qualifie de « démarche proactive essentielle » pour assurer la réussite concrète des projets sur le terrain et consolider une croissance économique durable et équilibrée.
Par M. A.
