03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Menace des criquets dans le Sud-ouest : L’Algérie renforce son dispositif antiacridien

Face au risque de résurgence du criquet pèlerin dans les régions sahariennes, le gouvernement algérien intensifie ses mesures de prévention et de lutte. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a présidé samedi une réunion interministérielle consacrée à l’évaluation du plan d’action national visant à contenir toute propagation éventuelle du criquet dans certaines wilayas du sud-ouest du pays.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre de l’application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné un renforcement permanent de la vigilance et de la préparation afin de prévenir toute menace susceptible d’affecter les cultures et les pâturages dans les zones sahariennes.

Selon un communiqué des services du Premier ministre, cette rencontre a permis d’évaluer le niveau de préparation du dispositif national mis en place pour faire face à une éventuelle invasion acridienne. Les walis des wilayas concernées ont pris part aux travaux par visioconférence, permettant ainsi une coordination directe entre les autorités centrales et les responsables locaux chargés de la surveillance sur le terrain.

Les discussions ont porté notamment sur l’évolution de la situation acridienne dans la région sahélo-saharienne, une zone régulièrement exposée à la formation de foyers de reproduction du criquet pèlerin. Les autorités algériennes suivent de près les alertes et les mises à jour émises par Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui assure un suivi international de ce phénomène.

Les services techniques algériens exploitent également les capacités nationales en matière d’imagerie satellitaire afin de surveiller les conditions écologiques favorables à la reproduction du criquet, telles que les précipitations ou la présence de végétation dans certaines zones désertiques.

Lors de cette réunion, les responsables sectoriels ont présenté plusieurs exposés détaillant l’état de préparation des dispositifs de lutte sur le terrain. Les wilayas frontalières du sud, notamment celles situées à proximité du Sahel et des zones sahariennes limitrophes, ont été identifiées comme la première ligne de défense dans la stratégie nationale de lutte antiacridienne.

Dans ces régions, les autorités locales ont renforcé les dispositifs de veille et de surveillance. Des équipes spécialisées sillonnent régulièrement les zones désertiques afin de détecter rapidement la présence d’essaims ou de larves. Cette surveillance précoce constitue un élément essentiel de la stratégie nationale, car elle permet d’intervenir avant que les criquets ne forment des essaims massifs capables de parcourir de longues distances.

Des moyens d’intervention renforcés

Le gouvernement a également mobilisé d’importants moyens d’intervention pour faire face à toute éventuelle prolifération. Des unités terrestres équipées de pulvérisateurs et de véhicules spécialisés sont déployées dans les régions exposées. Ces équipes sont chargées de traiter rapidement les foyers de reproduction détectés.

Par ailleurs, les capacités d’intervention aérienne ont été renforcées. Des avions et hélicoptères sont mobilisés pour effectuer des opérations de pulvérisation dans les zones difficiles d’accès du désert. Les moyens relevant du ministère de la Défense nationale participent également à ces opérations, notamment pour la logistique, la reconnaissance aérienne et l’appui aux équipes techniques.

Cette coordination intersectorielle permet d’assurer une réaction rapide et efficace en cas de détection d’un foyer acridien.

Les responsables gouvernementaux ont rappelé que les plans d’action actuels reposent sur l’expérience acquise lors des campagnes de lutte menées les années précédentes. L’an dernier, les dispositifs mis en place avaient permis de contenir efficacement les foyers détectés dans certaines régions sahariennes. Grâce à l’intervention rapide des équipes spécialisées et à la mobilisation de moyens aériens, les autorités avaient réussi à limiter la propagation des criquets avant qu’ils ne menacent les zones agricoles. Cette expérience a permis d’améliorer les méthodes d’intervention, notamment en matière de coordination entre les différents secteurs concernés : agriculture, défense, intérieur et recherche scientifique. Le criquet pèlerin est considéré comme l’un des insectes ravageurs les plus dangereux pour l’agriculture. Les essaims peuvent parcourir des centaines de kilomètres en quelques jours et détruire en peu de temps d’importantes superficies de cultures et de pâturages.

Dans les régions sahariennes et sahéliennes, où les conditions climatiques peuvent parfois favoriser leur reproduction, la vigilance reste donc permanente. Pour l’Algérie, la lutte contre ce phénomène revêt une importance stratégique, notamment dans le contexte des efforts engagés pour renforcer la sécurité alimentaire et développer l’agriculture dans les zones du Sud.

Au fil des années, l’Algérie a mis en place un système de surveillance et de prévention considéré comme l’un des plus structurés de la région. Ce dispositif repose sur plusieurs piliers : la surveillance permanente des zones à risque, la formation d’équipes spécialisées, la constitution de stocks de pesticides et la mobilisation rapide des moyens logistiques et aériens. Les autorités travaillent également en coopération avec les pays voisins et les organisations internationales afin d’échanger des informations sur l’évolution de la situation acridienne dans l’ensemble de la région sahélo-saharienne.

Par Réda Hadi

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *