Mise en service d’un cloud souverain algérien
Les travaux du salon « Global Africa Tech » ont débuté, samedi à Alger. Lors de cette manifestation, Sid Ali Zerrouki, ministre de la Poste et des Télécommunications, a annoncé la mise en service, à l’occasion du salon, du premier cloud souverain algérien, une initiative unique qui place le pays parmi les rares acteurs mondiaux capables de développer des solutions numériques de pointe.
Soulignant l’importance de renforcer la souveraineté numérique du continent, le ministre a d’abord mis en avant la portée stratégique de ce projet : « Pour la première fois, l’Algérie et l’Afrique disposent d’un cloud souverain, jusque-là réservé à moins de dix grands acteurs internationaux. Grâce à la contribution d’une startup algérienne, notre pays rejoint ce cercle restreint et démontre sa capacité à créer des solutions technologiques avancées », a-t-il déclaré au micro d’Echourouk News.

Dans un autre discours, prononcé à l’occasion de l’ouverture des travaux du salon, Sid Ali Zerrouki a insisté sur l’urgence pour l’Afrique de devenir productrice de technologies et de maîtriser ses infrastructures numériques. « Le monde connaît aujourd’hui des transformations profondes et accélérées qui exigent de l’Afrique d’imposer sa présence en tant qu’acteur à part entière dans la production technologique, au service de ses peuples, de son développement, sa stabilité et sa prospérité », a-t-il affirmé. Selon lui, le continent ne peut plus se contenter d’être un simple consommateur de solutions venues de l’extérieur : Les enjeux auxquels nous sommes confrontés ne sont pas seulement techniques, mais éminemment stratégiques, de développement et de souveraineté.
Le ministre a ajouté que l’intégration technologique doit devenir un levier de développement et de prospérité : Il est nécessaire de construire un espace africain intégré, interconnecté, sûr et fluide dans le domaine des télécommunications et du numérique, reliant les pays par voies terrestre, maritime et aérienne. « Notre avenir numérique commun sera déterminé par notre capacité à réaliser des priorités majeures, notamment la construction d’infrastructures modernes, flexibles et fiables, afin de réduire la fracture numérique et de garantir un accès équitable aux services ».
L’Algérie dispose déjà d’infrastructures robustes couvrant tous les segments stratégiques de la connectivité, avec des réseaux de fibre optique étendus jusqu’au Sahara et des stations satellitaires avancées. « Ces infrastructures constituent une base solide sur laquelle l’Afrique peut s’appuyer pour créer ses propres solutions », a précisé le ministre. Il a également souligné l’importance du capital humain : « Plus de 250 000 jeunes Algériens formés dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, les nanotechnologies et la robotique constituent la matière première pour développer nos solutions souveraines et accompagner la transformation numérique du continent ».
Sid Ali Zerrouki a mis en avant l’exploitation intelligente des technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle, les constellations de satellites, les réseaux intelligents et la cybersécurité, « afin de mettre ces outils au service du développement et de la souveraineté ». Il a également insisté sur la nécessité de partenariats équilibrés, fondés sur le transfert de connaissances, pour assurer à l’Afrique sa juste place dans l’écosystème technologique mondial.
Le ministre a enfin salué le rôle du salon « Global Africa Tech » : « Cet événement constitue une opportunité pour diagnostiquer les défis, échanger les points de vue, élaborer des visions communes, lancer des dynamiques de coopération concrètes et formuler des propositions pratiques soutenant la construction d’une véritable souveraineté numérique africaine, fondée sur la confiance, l’intégration et l’innovation ».
Par S R.
