Faire de l’Algérie un hub logistique incontournable entre la Méditerranée et l’Afrique constitue désormais une ambition stratégique portée par le secteur portuaire national, a indiqué le président-directeur général du Groupe des services portuaires (Serport), Ali Boulaâras.
Cette ambition repose sur une transformation progressive de l’écosystème portuaire national, à travers la modernisation des infrastructures, la spécialisation des ports, le développement de nouvelles plateformes logistiques et le renforcement de l’interconnexion entre les différents modes de transport.

« Notre ambition est de faire de l’Algérie un hub logistique incontournable entre la Méditerranée et l’Afrique », a affirmé le PDG de Serport lors de son intervention sur les ondes de la Radio Chaîne 3, soulignant que cette orientation s’appuie notamment sur la construction de plateformes logistiques modernes au niveau de plusieurs ports, dont Annaba, Alger et Oran.
Pour atteindre cet objectif, l’Algérie mise notamment sur la modernisation de ses infrastructures portuaires et l’amélioration de leurs performances opérationnelles. Le port d’Oran constitue, à ce titre, l’un des exemples cités par M. Boulaâras, avec un terminal moderne doté d’équipements permettant d’atteindre des performances de 30 à 35 conteneurs par heure.
Cette capacité contribue à réduire le temps d’escale des navires et à améliorer la fluidité du traitement des marchandises, un élément déterminant pour renforcer l’attractivité des ports algériens dans les échanges régionaux et internationaux.
Le développement de la plateforme portuaire s’accompagne également de la mise en place de trois grands corridors logistiques Est, Centre et Ouest, destinés à renforcer l’articulation entre les infrastructures portuaires et les réseaux de transport terrestres.
L’objectif est de parvenir à une véritable chaîne logistique intégrée, combinant transport maritime, ferroviaire et routier, afin de faciliter l’acheminement des marchandises depuis et vers les ports. Pour le responsable de Serport, la performance portuaire ne peut être durable sans une interconnexion efficace avec les autres réseaux. Le groupe travaille ainsi au renforcement des liaisons routières et ferroviaires afin de favoriser le développement du transport multimodal.
L’enjeu est également de réduire les coûts et les délais liés au passage portuaire, dans un contexte où une très grande partie des échanges commerciaux de l’Algérie transite par les ports.
Annaba, un maillon stratégique pour les exportations minières
Le développement du port d’Annaba s’inscrit également dans cette stratégie. Selon Ali Boulaâras, les travaux d’extension du port avancent à un rythme soutenu. Le projet est présenté comme un complexe intégré destiné à la valorisation et à l’exportation des phosphates et des produits miniers.
L’infrastructure, qui s’étend sur 1.600 mètres linéaires, avec des profondeurs importantes et un terre-plein de 82 hectares, doit permettre à l’Algérie de renforcer sa position sur les marchés régional et international dans le domaine des exportations minières.
Le projet prévoit également une connexion ferroviaire reliant le port d’Annaba aux champs du gisement de Djebel Hadba, avec pour objectif notamment de réduire les coûts logistiques liés à l’acheminement des produits miniers. La mise en exploitation est prévue, selon le responsable de Serport, à l’horizon mars 2027, avec un volume additionnel attendu de 8 à 10 millions de tonnes pour le phosphate et les produits miniers. La stratégie portuaire vise également à accompagner davantage les opérateurs économiques dans leurs opérations d’exportation. Plusieurs expéditions sont actuellement réalisées depuis différents ports, notamment Skikda et Annaba, à destination de marchés situés en Amérique, en Asie et en Afrique.
Pour Ali Boulaâras, cette dynamique traduit la volonté des ports algériens d’accompagner les opérateurs nationaux et de contribuer au développement des exportations hors hydrocarbures.
Digitalisation et amélioration de la compétitivité
La transformation du secteur repose également sur la digitalisation des procédures portuaires. Le Groupe Serport travaille à la numérisation progressive des processus, notamment à travers sa filiale APCS, chargée du traitement des formalités portuaires.
L’interopérabilité avec les systèmes de l’administration des Douanes doit permettre une gestion en temps réel des documents et contribuer à réduire les coûts et les délais de traitement. Une deuxième étape prévoit l’interconnexion avec les différents acteurs de la chaîne logistique, notamment les assurances, les consignataires et les transitaires.
Par ailleurs, la spécialisation des infrastructures constitue un autre axe de cette stratégie. Selon le PDG de Serport, cette démarche vise à améliorer la performance opérationnelle des ports, à maîtriser les délais d’attente des navires et à réduire les coûts, tout en améliorant la qualité des services. Le port de Mostaganem a ainsi été retenu pour devenir une infrastructure dédiée aux importations et exportations des entreprises et entités publiques. Une feuille de route comprenant des opérations d’aménagement, de réhabilitation et de renforcement des équipements est en cours de mise en œuvre afin de répondre aux volumes supplémentaires attendus.
Zahir R.



