03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Optimisation de l’éclairage urbain: Vers une gestion plus verte et économique

Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire engage une réforme d’ampleur du service public de l’éclairage urbain. Au cœur de cette stratégie : modernisation des réseaux, efficacité énergétique, promotion du produit national et intégration des énergies renouvelables, conformément aux orientations du président de la République exprimées lors du Conseil des ministres du 8 mars 2020.

L’éclairage public constitue l’un des piliers de l’aménagement urbain. Il participe à la sécurisation des espaces, à l’amélioration du cadre de vie et à l’attractivité des villes. Mais il représente également le poste le plus énergivore du patrimoine des collectivités locales : 56 % de la consommation électrique communale, pour une facture annuelle estimée à 14 milliards de dinars. Cette situation s’explique par la vétusté d’une grande partie du parc, encore largement composé de lampes à mercure ou à sodium, gourmandes en énergie et coûteuses en maintenance. Face à ce constat, le ministère a élaboré une feuille de route visant une gestion « efficace, économique, intelligente et durable » du réseau d’éclairage public.

Un programme a été lancé entre 2020 et 2024 pour le remplacement progressif des lampes à mercure par des lampes LED ou sodium haute pression, plus économes et durables. Pour les nouvelles installations, l’utilisation de LED associées à des systèmes intelligents (gradateurs, détecteurs de mouvement) est désormais la norme.

Le bilan du renouvellement (2020-2024) a montré que sur 1 525 742 candélabres concernés, 1 146 565 ont déjà été remplacés par des LED et 379 177 sont en cours de renouvellement, avec une livraison prévue en 2025. En parallèle, 1 331 235 nouveaux candélabres ont été installés, dont 813 893 LED, 69 993 solaires et 447 349 sodium. Le parc national est ainsi passé de 3,28 millions de points lumineux en 2020 à 4,17 millions en 2024. La part des LED est passée de 2 % à 39 %, tandis que les lampes à mercure ont chuté de 36 % à 6 %.

Par ailleurs, le ministère a également développé une plateforme informatique nationale permettant de recenser le parc, de suivre les opérations de modernisation, de gérer les dettes envers Sonelgaz et d’optimiser la maintenance. Une phase pilote a été menée dans 36 communes, avant une généralisation progressive aux 1 541 communes du pays.

Coopération algéro-allemande et montée en compétences

Dans le cadre du projet de coopération « Communes vertes », des cahiers des charges types ont été élaborés pour les études, la réalisation et la maintenance des réseaux. Cette démarche participative a impliqué plusieurs ministères et organismes techniques, dont l’Institut algérien de normalisation et l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie.

Ces documents intègrent des normes algériennes précises visant à garantir la qualité des équipements, réduire la pollution lumineuse et encourager l’efficacité énergétique. Les spécifications favorisent les produits performants plutôt que les offres les moins chères.

Selon les estimations du ministère, les nouvelles lampes LED haute performance consomment 30 à 40 % d’énergie en moins que les LED ordinaires. Pour 1 000 points lumineux, l’économie annuelle dépasserait 4 millions de dinars.

En parallèle, 500 agents communaux ont été formés au management énergétique, 240 communes ont été formées à l’utilisation d’outils de gestion énergétique en 2024, et 1 500 agents supplémentaires seront formés d’ici 2027.

Impacts financiers et environnementaux

Les résultats enregistrés entre 2020 et 2024 sont significatifs : 2,7 milliards de dinars d’économies sur les factures d’électricité ; 27 millions de kWh économisés ; 871 167 tonnes de CO₂ évitées.

D’autres programmes complémentaires ont été menés : raccordement de 1 086 écoles primaires au solaire, installation de systèmes individuels dans 7 220 foyers isolés, conversion de 4 356 véhicules communaux au GPL/C et électrification solaire de forages.

Malgré ces avancées, des insuffisances persistent : présence de produits non conformes sur le marché, manque de main-d’œuvre qualifiée, entreprises peu spécialisées et absence de certaines normes spécifiques. Le ministère recommande ainsi l’élaboration de normes nationales dédiées à l’éclairage public, la création d’un répertoire d’experts agréés, la mise en place d’organismes de contrôle qualité et la promotion de solutions intelligentes issues des start-up.

À travers cette stratégie globale, les pouvoirs publics ambitionnent de faire de l’éclairage public un levier de transition énergétique, de maîtrise budgétaire et de développement industriel national.

Par Réda Hadi

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