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Partenariat Algérie-UE : Vers un pacte économique méditerranéen

Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres énergétiques et la montée des interdépendances régionales, Alger et Bruxelles semblent déterminées à franchir un nouveau cap. Invité sur le plateau de la télévision algérienne, l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie, Diego Mellado Pascua, a esquissé les contours d’un partenariat renouvelé, dépassant le simple cadre énergétique pour tendre vers un véritable pacte économique méditerranéen.

Entre investissements, connectivité africaine et transition énergétique, l’Algérie apparaît plus que jamais comme un acteur central dans la stratégie européenne au sud de la Méditerranée. À travers son intervention, Diego Mellado Pascua a souligné l’importance de dépasser la logique fournisseur-client pour construire une alliance stratégique fondée sur le respect de la souveraineté, l’attachement au multilatéralisme et la coopération sectorielle.

« Dans un monde multipolaire et en profonde transformation, nous avons intérêt à travailler ensemble pour construire un espace de prospérité méditerranéen », a-t-il déclaré. « Nous devons aller vers un cadre plus structuré, plus ambitieux, qui reflète l’importance stratégique de l’Algérie dans l’espace euro-méditerranéen », a-t-il ajouté, évoquant la perspective d’un Pacte pour la Méditerranée à l’horizon 2026.

Dans un contexte international marqué par la reconfiguration des flux énergétiques depuis la guerre en Ukraine, l’Algérie s’est imposée comme un fournisseur clé pour le continent européen. L’ambassadeur a salué la constance d’Alger dans le respect de ses engagements, y compris durant la pandémie de Covid-19. « L’Europe recherche des partenaires fiables et stables sur le long terme.

L’Algérie a démontré qu’elle répond à ces critères », a-t-il déclaré. Mais pour Bruxelles, l’énergie ne doit plus être envisagée sous le seul angle de l’approvisionnement. L’enjeu porte désormais sur l’intégration des chaînes de valeur, la transition énergétique et l’investissement dans les infrastructures. « La transition énergétique peut devenir une opportunité industrielle partagée entre l’Europe et l’Algérie », a-t-il souligné.

Au cœur de son intervention, l’ambassadeur a mis en avant la vocation géoéconomique de l’Algérie. « L’Algérie est un pont naturel entre l’Europe et l’Afrique », a-t-il insisté. Les grands projets structurants, comme la ligne ferroviaire Tindouf-Béchar, liée au gisement de Gara Djebilet, illustrent cette dynamique. Pour l’Union européenne, ces infrastructures représentent non seulement des investissements nationaux, mais également des maillons d’une connectivité élargie entre les deux rives de la Méditerranée et vers l’Afrique subsaharienne.

L’UE se dit prête à mobiliser ses instruments financiers, notamment à travers la Banque européenne d’investissement, pour accompagner des projets créateurs de valeur. « Nous ne voulons pas seulement acheter des ressources. Nous voulons construire des partenariats industriels durables », a-t-il précisé.

Interrogé sur le projet de gazoduc Nigeria–Algérie–Europe, l’ambassadeur a rappelé l’intérêt constant de l’Union européenne pour les infrastructures favorisant l’intégration énergétique entre l’Afrique et l’Europe. Il a mentionné le programme Global Gateway, initiative européenne visant à renforcer la connectivité par des financements, des transferts de technologies et une assistance technique. « Toute initiative qui renforce les liens énergétiques et économiques entre l’Afrique et l’Europe mérite un dialogue ouvert et constructif », a-t-il affirmé. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de diversification des sources énergétiques, devenue centrale dans la stratégie européenne.

L’ambassadeur a également abordé la question migratoire sous un angle économique. Selon lui, la gestion durable des flux passe nécessairement par le développement et la création d’emplois. « La sécurité est un élément important, mais le développement économique est essentiel pour traiter les causes profondes des migrations », a-t-il expliqué, soulignant la convergence entre la vision européenne et l’approche algérienne sur ce point. Dans un environnement régional marqué par les défis du Sahel, la coopération économique est présentée comme un levier de stabilisation et de prospérité partagée.

Par Selma R.

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