03/04/2026
ACTUALITEFINANCE

PLF 2026: Le ministre répond aux préoccupations des sénateurs

Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a défendu mardi soir devant le Conseil de la nation la vision économique portée par le projet de loi de finances (PLF) 2026. Un texte qui, selon lui, marque une nouvelle étape dans l’orientation stratégique de l’État, fondée sur l’investissement productif, la diversification de l’économie et l’amélioration de la performance financière publique.

Lors d’une séance plénière à l’APN, le ministre a répondu aux préoccupations des sénateurs. Il a expliqué que ce PLF « vise à soutenir une croissance durable, moderniser les mécanismes de financement et poursuivre des réformes structurelles profondes », destinées à optimiser la gestion des ressources publiques.

Parmi les points majeurs défendus par M. Bouzred figure l’utilisation « efficace et ciblée » de la dette publique. Estimée à près de 17 000 milliards de dinars, cette dette a été orientée principalement vers des investissements jugés à fort rendement économique. Il cite notamment :2 500 milliards de dinars alloués au renforcement du réseau électrique par Sonelgaz ,  le financement de plusieurs stations de dessalement de l’eau de mer, devenues indispensables au développement local, notamment dans les régions arides.

Pour lui, ces investissements, affirme-t-il, ont permis de débloquer de nouveaux projets agricoles et industriels dans le Sud, grâce à une disponibilité accrue de l’énergie et de l’eau, conditions essentielles pour attirer les investisseurs. Le ministre rappelle également que plusieurs mégaprojets longtemps en attente connaissent une avancée notable. Il cite le projet de phosphate à l’Est, initié dans les années 1990, ou encore le projet minier de Gara Djebilet, accompagné de nouvelles lignes ferroviaires, et désormais intégré à une chaîne économique complète soutenue par l’État.

Abordant l’autosuffisance agricole, Abdelkrim Bouzred rappelle aux sénateurs, que celle-ci demeure un objectif prioritaire.  Selon M. Bouzred, les investissements massifs engagés dans les wilayas du Sud, conjugués à des efforts d’aménagement et d’infrastructures, ont permis de créer un environnement favorable aux grands projets agro-industriels. Il rappelle également que depuis 2020, l’État a entrepris un travail de rattrapage dans plusieurs domaines fondamentaux, notamment l’éducation, qui avait souffert d’un manque d’investissement structurel dans les années précédentes. Ce rééquilibrage, dit-il, contribue aujourd’hui à des « résultats tangibles, visibles dans l’amélioration du niveau de vie des citoyens ».

Malgré ces dépenses importantes, le ministre estime que le niveau de la dette intérieure demeure maîtrisé et acceptable. En matière de diversification économique, il souligne que les  signaux sont encourageants. Aussi, le ministre a tenu à mettre en avant les performances enregistrées dans les secteurs hors hydrocarbures. L’industrie, par exemple, a connu une croissance de 6 % en 2023, alors que le secteur des hydrocarbures n’a progressé que de 0,3 %.  Une évolution qu’il qualifie de preuve concrète que « l’Algérie s’engage résolument dans la voie d’une véritable diversification économique». Il a également salué les décisions du président de la République visant à renforcer la maîtrise du commerce extérieur, notamment dans un contexte marqué par la volatilité des marchés mondiaux.

Interrogé sur la mesure relative aux dépenses imprévues inscrites dans le PLF, M. Bouzred a expliqué qu’il s’agit d’un outil essentiel pour accélérer la prise de décision en cas d’urgence, en évitant la lourdeur d’une loi de finances complémentaire. S’agissant de la possibilité pour l’État de prélever une partie des bénéfices des entreprises publiques, il précise que cette mesure ne vise que les EPE bénéficiaires et financièrement stables, rappelant que le Code de commerce accorde au Trésor un droit sur les dividendes après impôts. Concernant le Fonds de régulation des recettes (FRR), le ministre a souligné que ses ressources ont été utilisées conformément à leur vocation initiale : soutenir les dépenses publiques et réduire la dette afin de maîtriser le déficit budgétaire.

Dans la lignée de ces affirmations, le ministre a mis en avant les « progrès notables » enregistrés dans la numérisation de plusieurs administrations stratégiques : Domaine national, Impôts et Douanes. Parmi les avancées annoncées : « Achèvement en 2024 de la numérisation des administrations du Domaine national (cadastre, conservation foncière…) ; lancement en 2026 du livret foncier électronique ; le nouveau système de gestion fiscale couvrant 2,6 millions d’opérateurs, opérationnel avant la fin de l’année et le système informatique modernisé pour le Trésor public, actuellement en phase d’expérimentation».

Selon M. Bouzred, ces outils permettront une gestion plus efficiente, renforceront la transparence et réduiront l’intervention humaine dans les processus administratifs.  Abordant la question du commerce de troc dans les wilayas du Sud, le ministre a insisté sur son importance économique, tout en annonçant une révision globale du cadre juridique qui l’encadre. Il a également affirmé que la future loi sur les marchés publics spécifiques au Sud intégrera plusieurs propositions visant à lever les obstacles et accélérer la réalisation des projets. Le projet de décret sera prochainement présenté au gouvernement. Le projet de loi de finances 2026 sera soumis au vote ce jeudi matin en séance plénière.

Par Réda Hadi

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