Près de 446 MW mis en exploitation fin 2025 en Algérie: Les énergies renouvelables progressent, le solaire en avance
Les énergies renouvelables en Algérie ont franchi un nouveau palier à la fin de l’année 2025, avec une capacité totale installée et effectivement mise en exploitation atteignant 446 mégawatts. Ce niveau, encore modeste au regard des ambitions nationales, traduit néanmoins une reprise tangible de la dynamique du secteur, portée essentiellement par le solaire photovoltaïque, désormais largement dominant dans le mix renouvelable national.
Selon les données sectorielles les plus récentes, la quasi-totalité de la puissance verte en service provient du solaire photovoltaïque, qui totalise à lui seul 411 MW en fonctionnement. Le solaire à concentration ne représente que 25 MW, tandis que l’éolien reste limité à 10 MW opérationnels. Cette répartition met en évidence une avance nette du solaire, aussi bien en matière de projets réalisés que de chantiers engagés, a indiqué la plateforme spécialisée « Attaqa.net ».
Au-delà des capacités déjà injectées dans le réseau, le principal signal de progression réside dans le volume des projets en cours de déploiement. Pas moins de 2 620 MW sont actuellement en construction, après bouclage financier et lancement des travaux, soit près de six fois la puissance déjà en service. À cela s’ajoutent 600 MW en phase de développement, correspondant à des projets ayant franchi l’étape d’attribution des contrats. Parallèlement, 1 000 MW supplémentaires sont au stade d’annonces ou de mémorandums initiaux, principalement dans l’éolien, ce qui laisse entrevoir une volonté de rééquilibrage futur du bouquet renouvelable.
Cette montée en puissance s’inscrit dans le sillage de la relance des grands programmes solaires engagés après la période de ralentissement observée en 2021. Le lancement d’un programme solaire de 1 000 MW, suivi d’un appel d’offres de 2 GW en 2023, a redonné de la visibilité au marché.
Malgré des retards d’exécution signalés, les projections tablent sur l’entrée en service des premiers projets issus de ces appels d’offres dès l’an prochain. Le mouvement de bascule de plusieurs projets du stade de développement vers la phase de construction explique en grande partie le bond des capacités en chantier. Le contraste reste toutefois marqué entre la capacité actuellement opérationnelle et les objectifs stratégiques révisés du pays. Le programme national a récemment été ajusté : la cible de 22 GW de renouvelables à l’horizon 2030 a été ramenée à 15 GW d’ici 2035, avec un jalon intermédiaire fixé à 10 GW avant la fin de la décennie.
Face à ces repères, les 446 MW en exploitation soulignent l’ampleur de l’effort restant à accomplir, même si le portefeuille de projets en construction change progressivement l’échelle des perspectives. Dans ce paysage, le solaire conserve une longueur d’avance structurelle. Il concentre l’intégralité des capacités en construction et en développement, confirmant son rôle de pilier de la transition énergétique nationale.
L’éolien, encore marginal en exploitation, pourrait toutefois gagner du terrain si les 1 000 MW annoncés se concrétisent, contribuant ainsi à une diversification plus équilibrée des sources renouvelables. L’année 2025 apparaît ainsi comme une étape de consolidation : encore loin des cibles finales, mais marquée par un redémarrage opérationnel et une visibilité accrue des projets.
Importation de 2,10 gigawatts de panneaux solaires en 2025
Dans le prolongement direct de cette dynamique opérationnelle, les indicateurs du marché des équipements confirment également l’accélération du segment solaire. Les volumes d’importation de modules photovoltaïques montrent en effet que les projets ne restent plus au stade des annonces, mais entrent dans une phase d’exécution concrète.
En 2025, l’Algérie a enregistré une avancée marquante dans sa trajectoire solaire en important 2,10 gigawatts de panneaux photovoltaïques fabriqués en Chine. Un tel niveau d’achats hisse le pays parmi les marchés arabes les plus actifs dans l’acquisition de modules solaires et traduit une montée en cadence concrète des programmes d’énergies renouvelables. Cette performance marque une progression spectaculaire par rapport à 2024, année durant laquelle les importations algériennes ne dépassaient pas 0,35 gigawatt. En l’espace d’un an, le volume a donc été multiplié par six, ce qui constitue la plus forte hausse relative enregistrée dans le classement régional.
Au total, les dix premiers pays arabes importateurs de panneaux solaires chinois ont cumulé 29,07 gigawatts en 2025, contre 27,34 gigawatts en 2024, soit une augmentation annuelle de 1,73 gigawatt. Dans cet ensemble, l’Algérie se positionne au quatrième rang, derrière l’Arabie saoudite et l’Égypte, et devant plusieurs marchés traditionnellement actifs dans le solaire.
Par Selma R.
