Intégration énergétique régionale: Alger et Nouakchott scellent une alliance stratégique
L’Algérie et la Mauritanie passent désormais à la vitesse supérieure dans leur coopération énergétique. En recevant ce dimanche à Alger le ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, ses homologues Mohamed Arkab et Mourad Adjal ont posé les jalons d’un partenariat multidimensionnel. Cette alliance, qui s’étend des hydrocarbures à l’électricité propre, dessine les contours d’un nouvel axe énergétique majeur en Afrique du Nord.

La délégation mauritanienne, composée des directeurs généraux de la SMH, de la SOMELEC et de la SOMIR, est venue chercher à Alger bien plus qu’un simple protocole d’accord. L’objectif est de s’appuyer sur une expertise opérationnelle algérienne déjà éprouvée pour transformer le paysage industriel mauritanien. À cet égard, le message de Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, a été clair : « l’Algérie est prête à s’imposer comme le partenaire de référence pour le développement des ressources naturelles mauritaniennes ». Dans cette optique, le géant public Sonatrach est déjà engagé dans des consultations avancées pour intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur en Mauritanie.
Ce déploiement couvre un vaste éventail allant de l’exploration à la transformation, en passant par le transport et les services pétroliers. Au-delà des hydrocarbures, la valorisation du phosphate et la création d’une industrie des engrais s’imposent comme des priorités partagées, avec un accent particulier mis sur le transfert de savoir-faire via l’Institut algérien du Pétrole. Parallèlement, le volet électrique s’affirme comme l’un des piliers centraux de ce rapprochement.
Une feuille de route ambitieuse a été tracée pour moderniser les infrastructures mauritaniennes grâce à une intégration profonde des réseaux. Cette stratégie mise sur l’interconnexion et le renforcement des capacités d’échange électrique, tout en s’appuyant sur l’ingénierie de Sonelgaz pour la maintenance des réseaux de distribution. Ce partenariat embrasse également l’avenir en intégrant le développement de projets solaires photovoltaïques, permettant à Nouakchott de sécuriser son approvisionnement tout en amorçant une transition écologique durable.
Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, a d’ailleurs tenu à souligner la portée symbolique et technique de cette mission : « Nous ne nous contentons pas de partager des ressources, nous bâtissons une infrastructure commune capable de soutenir les ambitions industrielles de nos deux nations. Le groupe Sonelgaz mobilisera tout son potentiel humain et technologique pour faire de l’interconnexion entre Alger et Nouakchott une réalité tangible, car la souveraineté énergétique de la Mauritanie est indissociable de la stabilité et du développement de notre région ».
Cette visite, qui dépasse le cadre formel des signatures de contrats, s’inscrit dans la dynamique de coopération Sud-Sud prônée par le Président Abdelmadjid Tebboune. En érigeant Sonatrach et Sonelgaz comme pivots de cette collaboration, l’Algérie renforce sa position de garant de la stabilité énergétique dans la zone Sahel-Sahara. Saluant une expertise pionnière, le ministre mauritanien a rappelé que le renforcement des capacités humaines demeure le socle d’une croissance durable. En conclusion de ces échanges, les deux délégations ont réaffirmé leur détermination à transformer ces orientations en projets concrets à impact immédiat, faisant de l’axe Alger-Nouakchott un moteur essentiel du développement industriel africain face à la volatilité des marchés mondiaux.
Par Selma Rachid.
