Réduction de l’importation des semences et de plants : Un plan national ambitieux lancé
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a annoncé, jeudi depuis Blida, le lancement d’un programme national ambitieux visant à mettre fin, de manière progressive, à l’importation des semences et des plants agricoles. Cette orientation stratégique s’inscrit dans une vision globale axée sur le renforcement de la sécurité alimentaire, la maîtrise des coûts de production et la réduction de la facture des importations.

S’exprimant à la presse en marge d’une visite de travail et d’inspection effectuée dans la wilaya, en compagnie du wali Djamel-Eddine Hashas, le ministre a précisé que ce programme cible en priorité les cultures maraîchères, fortement dépendantes des semences importées. « Un programme ambitieux a été élaboré en vue de réduire progressivement l’importation des semences et des plants », a-t-il indiqué, soulignant que l’objectif est d’asseoir une production nationale performante, capable de couvrir les besoins du marché local et, à terme, de conquérir des débouchés à l’exportation.
Pour concrétiser cette transition, le département ministériel mise sur l’intégration des technologies modernes et sur le renforcement de la recherche scientifique appliquée à l’agriculture. La production locale de semences et de plants constitue, selon le ministre, un axe prioritaire de la feuille de route sectorielle. Il a ainsi évoqué les préparatifs en cours pour la création d’un pôle de production de semences entre les wilayas de Ghardaïa et El-Menia, deux régions disposant de conditions climatiques favorables et d’un potentiel agricole important.
Cette future plateforme devrait permettre de structurer la filière semencière nationale, d’encourager l’investissement privé et de favoriser le transfert de technologies. En réduisant la dépendance extérieure, l’Algérie ambitionne également d’améliorer sa compétitivité à l’exportation, notamment dans les filières à forte valeur ajoutée.
Le ministre a insisté sur l’impact économique de cette orientation. La production locale de semences certifiées devrait contribuer à la baisse des coûts pour les agriculteurs, tout en garantissant une meilleure adaptation variétale aux conditions pédoclimatiques nationales. À moyen terme, cette dynamique est appelée à soutenir la balance commerciale agricole.

Au-delà des cultures maraîchères, les efforts portent également sur d’autres filières stratégiques. Le ministre a notamment évoqué le développement de certaines variétés fruitières et la production locale de plants de bananier, un segment en pleine expansion. L’objectif est de structurer des chaînes de valeur intégrées, depuis la multiplication des plants jusqu’à la commercialisation des fruits.
Dans ce contexte, Blida a été citée comme exemple en matière d’adoption de la technologie et d’innovation agricole. Le ministre a salué l’engagement de nombreuses exploitations locales dans la modernisation de leurs pratiques, à travers l’introduction de systèmes d’irrigation performants, l’usage raisonné d’engrais et d’intrants agricoles, ainsi que l’amélioration des techniques de plantation.
Ces efforts ont permis, selon les explications fournies, d’accroître significativement les rendements, d’améliorer la qualité des productions et de réduire les coûts, renforçant ainsi la compétitivité des exploitations sur le marché national.
La visite ministérielle a été marquée par l’inspection de plusieurs exploitations agricoles illustrant cette dynamique. À Beni Tamou, le ministre s’est rendu à la pépinière « Vitroplant », spécialisée dans la production de porte-greffes et d’arbres fruitiers. Issue d’un partenariat algéro-italien, cette structure affiche une capacité annuelle de près de 15 millions de plants, couvrant largement les besoins du marché national et amorçant une orientation vers l’exportation.
Le ministre a inspecté les différentes étapes de la chaîne de production, mettant en avant l’importance des techniques de multiplication in vitro et du contrôle phytosanitaire dans la production de plants certifiés de haute qualité.
Dans la même commune, la délégation a également visité une exploitation spécialisée dans l’élevage bovin, avant de se rendre dans la commune de Mouzaïa pour inspecter l’exploitation pilote « Bassatine Yessad ». Cette ferme adopte un modèle d’agriculture intensive permettant la plantation d’environ 1.600 arbustes par hectare, contre 800 auparavant, illustrant le potentiel d’optimisation foncière et de hausse de productivité.
Infrastructures de soutien et stockage stratégique
La tournée s’est achevée à El Affroun, où le ministre a inspecté l’état d’avancement des travaux de réalisation d’un silo de stockage de céréales d’une capacité d’un million de quintaux. Cette infrastructure stratégique, dont la mise en service est prévue avant la fin de l’année, devrait renforcer les capacités nationales de stockage et contribuer à la régulation du marché céréalier.
À travers ces projets, le ministère entend consolider l’ensemble de la chaîne agricole, de la production des intrants jusqu’au stockage et à la commercialisation. Le programme de substitution aux importations de semences et de plants apparaît ainsi comme un levier structurant pour l’agriculture nationale, appelé à jouer un rôle central dans la souveraineté alimentaire et la diversification économique du pays.
Par Réda Hadi
