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La réforme du système de soutien social en Algérie pourrait s’appuyer progressivement sur un levier central : la numérisation. Sans remettre en cause le caractère social de l’État ni la protection du pouvoir d’achat, elle vise à mieux identifier les bénéficiaires, à améliorer l’efficacité des transferts publics et à limiter les situations de fraude ou de mauvaise allocation des ressources. Cette orientation s’inscrit dans les réflexions suscitées par le projet de Loi de finances 2027, adopté en Conseil des ministres.

Pour Hamza Boughadi, directeur d’un cabinet d’études économiques et de développement des entreprises, l’évolution progressive du modèle de soutien social est nécessaire. Dans un contexte marqué par des tensions internationales persistantes, une forte volatilité des marchés énergétiques et des pressions inflationnistes, l’enjeu est désormais de préserver l’efficacité du système social tout en maîtrisant son coût pour les finances publiques. Les transferts sociaux et les mécanismes de soutien représentent en effet près de 35 % du budget de l’État, soit plus de 40 milliards de dollars par an, un niveau qui souligne l’importance de disposer d’outils permettant de mieux orienter ces ressources. « Il faut passer d’une logique de guichet social permanent à un système ciblé et d’accompagnement vers l’emploi », a-t-il expliqué lors de son intervention sur la « Chaîne 1 » de la radio nationale.

Selon l’expert, la réussite d’un tel changement dépend d’abord de la capacité de l’administration à connaître précisément la situation économique et sociale des ménages, ce qui suppose un recensement plus complet du patrimoine et des revenus. La numérisation et l’interconnexion des administrations apparaissent dès lors comme des conditions essentielles.

En reliant les différentes bases de données publiques, l’État pourrait disposer d’informations plus fiables sur les revenus, le patrimoine et la situation professionnelle des citoyens. Cette connaissance permettrait d’affiner progressivement les critères d’accès aux dispositifs de soutien et de réduire les risques de fraude. Il ne s’agirait donc pas simplement de numériser des procédures existantes, mais de construire un système d’information intégré, capable de faciliter la prise de décision publique, de réduire les délais de traitement et de mieux coordonner les interventions des différentes administrations. « La numérisation doit permettre d’avoir une vision globale et réelle de la situation du citoyen », a estimé l’expert, qui voit dans l’interconnexion des données un levier majeur de modernisation du modèle social.

Cette transformation doit également contribuer à lutter contre l’économie informelle. La réduction des transactions en espèces et le recours accru aux paiements formels amélioreraient la traçabilité des flux et permettraient de croiser plus efficacement les données fiscales, bancaires et administratives. Dans cette perspective, Hamza Boughadi préconise aussi la modernisation des services fiscaux et le passage progressif du régime forfaitaire à un suivi au réel, afin de mieux adapter l’impôt à l’activité économique.

Par Selma R.

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