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Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des prix des matières premières, l’Algérie entend préserver ses équilibres financiers et sa capacité de décision. Selon l’expert en économie Pr Nazim Sini, le maintien du refus de recourir à l’endettement extérieur constitue l’un des principaux piliers de cette stratégie, alors que le pays poursuit ses investissements et ses programmes sociaux.

Invité de la « Chaîne III » de la radio nationale, le Pr Sini a estimé que l’économie nationale faisait preuve d’une « résilience » appréciable dans un contexte mondial particulièrement incertain. Il a notamment relevé que l’Algérie a enregistré un taux de croissance supérieur à 3,8 % en 2025, avec une dynamique qui se poursuit en 2026, ce qui témoigne, selon lui, de la solidité des fondamentaux macroéconomiques. Pour l’expert, cette situation permet au pays de poursuivre ses choix économiques sans remettre en cause son autonomie financière.

Le refus de recourir à des financements extérieurs auprès d’institutions telles que le Fonds monétaire international (FMI) répond ainsi à une logique de préservation de la souveraineté nationale. « L’endettement extérieur ne doit pas devenir une contrainte sur la décision économique », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de conserver une marge de manœuvre dans la conduite des politiques publiques. Cette orientation intervient alors que l’État continue de financer d’importants programmes d’infrastructures et de soutenir les politiques sociales. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit ainsi des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat, avec une revalorisation des salaires dans la fonction publique, sans introduction de nouveaux impôts affectant directement les citoyens.

La préservation des équilibres financiers n’empêche pas la poursuite des investissements dans les hydrocarbures, notamment l’exploration, l’exploitation et la transformation, afin d’accroître la valeur ajoutée nationale. Dans un contexte marqué par les perturbations de plusieurs axes maritimes stratégiques, l’Algérie entend également conforter sa position de fournisseur énergétique fiable pour l’Europe et l’Afrique. Elle prépare parallèlement l’avenir. « Il est nécessaire de préparer dès aujourd’hui l’après-pétrole. Le développement de l’hydrogène vert s’inscrit dans cette perspective, notamment avec le projet SoutH2 Corridor, destiné à relier l’Algérie aux marchés européens via la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne », a insisté le Pr Sini.

Cette filière constitue, selon lui, un potentiel levier de diversification et de création de valeur. Le gazoduc transsaharien Nigeria-Niger-Algérie et le renforcement de la coopération avec des pays africains, dont le Sénégal, participent également à cette dynamique, notamment en matière de transfert de compétences et de technologies grâce à l’expertise de Sonatrach.

Le financement des grands projets demeure un enjeu central. Pour le Pr Sini, l’absence de recours à l’endettement extérieur doit s’accompagner d’une diversification des sources de financement, notamment par la Banque africaine de développement, le marché financier national et les sukuks souverains. Ces mécanismes peuvent soutenir les grands projets ferroviaires destinés à renforcer les connexions entre les bassins économiques et à désenclaver les régions de l’intérieur et des Hauts Plateaux.

Il souligne également le rôle du secteur privé : « Le renforcement du rôle du secteur privé est nécessaire. Les entreprises privées constituent un important moteur de création d’emplois et contribuent fortement aux recettes fiscales. L’amélioration du climat des affaires et la simplification des procédures doivent donc accompagner l’effort public d’investissement », a insisté le Pr Sini.

La consolidation de la souveraineté financière passe enfin par une meilleure maîtrise des ressources et par la lutte contre les pratiques frauduleuses. L’interconnexion progressive des bases de données du CNRC, de la DGI, de la CNAS, de la CASNOS et des Douanes permet désormais de détecter plus efficacement certaines anomalies. Le Pr Sini a notamment évoqué la découverte de plus de 500 entreprises fictives enregistrées à une même adresse, ce qui illustre, selon lui, l’efficacité croissante des outils numériques dans le contrôle de l’activité économique. Sur le front des marchés, l’expert estime par ailleurs que la hausse de certains prix agricoles ne peut être imputée systématiquement aux producteurs. Les pratiques des intermédiaires et les comportements anticoncurrentiels doivent également faire l’objet d’une surveillance renforcée.

Par Selma R.

L’auteur

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La rédaction des Enjeux Eco couvre l’actualité économique nationale et internationale.

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