Le gouvernement engage un renforcement des mécanismes de régulation du marché national, avec le déploiement d’une plateforme numérique de suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de première nécessité, ainsi que la mise en place de nouveaux laboratoires de contrôle de la qualité aux frontières. Ces deux dispositifs visent à améliorer la transparence des circuits d’approvisionnement, à lutter contre la fraude et à protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

Dans ce cadre, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a procédé, jeudi dernier, au lancement officiel de la plateforme numérique de suivi des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base dans l’ensemble des wilayas. Cette interface repose sur une approche participative qui associe les départements ministériels, les walis, les agriculteurs, les commerçants, les opérateurs économiques et les représentants des filières professionnelles. Elle a pour objectif d’assurer la traçabilité des produits tout au long de la chaîne d’approvisionnement, depuis les zones de production jusqu’aux marchés de gros et de détail, en passant par les espaces de stockage. Elle doit notamment fournir des données précises sur les quantités produites, récoltées, commercialisées et stockées, ainsi que sur les prix pratiqués aux différents niveaux de distribution.
« Cette plateforme doit refléter la réalité du marché pour que nous puissions intervenir de manière immédiate et efficace », a déclaré Sifi Ghrieb, en soulignant que le dispositif vise à garantir un marché équilibré, respectueux des droits des agriculteurs et des commerçants, tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs. Le Premier ministre a également appelé les walis à assurer personnellement le suivi de l’opération et à veiller à la fiabilité des informations renseignées. Dans cette logique, il a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle des chambres froides et des espaces de stockage, afin de prévenir toute rétention de marchandises ou tentative de manipulation des prix. « Nous ne permettrons aucune manipulation du panier du citoyen algérien », a-t-il affirmé, en prévenant que des mesures légales et dissuasives seraient prises contre les pratiques spéculatives et les tentatives de création artificielle de pénuries.
Parallèlement, le contrôle de la qualité des produits importés se renforce avec l’inauguration, samedi, de deux laboratoires d’analyse et de contrôle aux frontières, situés respectivement au port d’Alger et à l’aéroport international d’Alger. Réalisées par le ministère de la Défense nationale, ces deux structures s’inscrivent dans le cadre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a demandé de généraliser les laboratoires de contrôle à l’ensemble des ports et aéroports du pays. Elles permettront de soumettre les produits importés aux analyses et examens nécessaires avant leur mise sur le marché, afin de vérifier leur conformité aux normes de qualité et de sécurité, de détecter d’éventuelles pratiques frauduleuses et de protéger la santé des consommateurs.
Selon Sifi Ghrieb, ces nouvelles structures permettront aussi de réduire considérablement les délais de contrôle et de faciliter le passage des marchandises. « Alors qu’auparavant les marchandises pouvaient attendre 24 à 72 heures, voire plusieurs jours, les analyses seront désormais effectuées en quelques heures », a-t-il expliqué, en précisant que les examens complémentaires pourront être assurés par les autres laboratoires du réseau national. Le chef de l’Exécutif a ajouté que ces laboratoires constituent également un outil de protection de l’économie nationale, et il a salué la mobilisation des différents secteurs qui ont contribué à leur réalisation. Le laboratoire de l’aéroport a été construit en 40 jours, tandis que celui du port a nécessité 60 jours. Leur généralisation aux autres points de passage frontaliers constitue la prochaine étape annoncée.
Avec ces deux chantiers, les pouvoirs publics entendent ainsi renforcer simultanément la surveillance des marchés et le contrôle des produits, en misant sur la numérisation, la traçabilité et le développement des capacités nationales d’analyse.
Par Selma R.



