03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Renforcement du caractère social de l’État et soutien à la croissance économique: Les deux axes principaux du PLF 2026

Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a présenté dimanche, devant l’Assemblée populaire nationale (APN), le projet de loi de finances (PLF) 2026, lors d’une séance plénière présidée par Brahim Boughali, président de l’Assemblée et en présence de membres du gouvernement.

A cette occasion, le ministre a affirmé que le projet de loi intervient dans un contexte national marqué par une «reprise progressive de l’économie, portée par les efforts du gouvernement dans les différents secteurs», mettant en avant «les efforts continus de l’Etat en matière d’encouragement de l’investissement, de diversification de l’économie, de relance des grands projets structurants et de développement des exportations».

M. Bouzred a expliqué devant les députés de l’assemblée basse que les mesures contenues dans le PLF 2026 reflètent l’attachement au caractère social de l’État, tout en maintenant un rythme de croissance économique ascendant grâce aux réformes fiscales et financières, et en renforçant la dynamique des secteurs hors hydrocarbures. Le ministre a précisé que le projet continue de consacrer le caractère social de l’État, avec près de 6 000 milliards de dinars alloués aux dépenses de transferts, dont 420 milliards pour l’allocation chômage, 424 milliards pour le soutien au fonds de retraite, et 656 milliards pour soutenir les prix des produits de première nécessité, tels que le blé. Ces transferts incluent également, selon le ministre, les dépenses destinées aux institutions administratives publiques, telles que les universités et les hôpitaux, pour un montant total de 2 800 milliards de dinars.

Par ailleurs, les indicateurs économiques montrent que l’économie nationale suit « la bonne direction », le produit intérieur brut ayant atteint, au cours du premier trimestre de l’année en cours, 10 047 milliards de dinars (soit 74,5 milliards de dollars), contre 9 300 milliards durant la même période en 2024, soit une augmentation d’environ 8 %.

Pour le premier semestre, les recettes ont atteint 5 600 milliards de dinars, en hausse de 1 450 milliards par rapport à l’année précédente. Le déficit financier devrait, quant à lui, diminuer à la fin de 2025 pour atteindre 4 000 milliards de dinars, contre une prévision de 9 200 milliards inscrite dans le budget 2025. Cette amélioration résulte, selon M. Bouzred, de l’utilisation de seulement 70 % du budget et du non-déblocage de certains financements programmés pour le secteur économique. Le ministre a également indiqué que le déficit budgétaire continuerait de se réduire jusqu’en 2028.

Les prévisions indiquent que la croissance économique devrait maintenir, au cours des trois prochaines années, un rythme supérieur à la moyenne mondiale, atteignant 4,1 % en 2026, 4,4 % en 2027 et 4,5 % en 2028. Le ministre a souligné que la croissance hors hydrocarbures resterait d’environ 5 % sur cette période, grâce à des taux de croissance élevés dans les secteurs de l’industrie (+6,2 %), de l’agriculture (5,4 %), du bâtiment (5,1 %) et des services (5 %). Concernant le budget 2026, M. Bouzred a indiqué que les recettes totales devraient dépasser 8 000 milliards de dinars, «reflétant les efforts pour mobiliser les ressources hors hydrocarbures, notamment dans le domaine fiscal». Le ministre a rappelé que les recettes hors hydrocarbures devraient augmenter de 6,6 % et que le budget général atteindrait 17 800 milliards de dinars en 2027 et environ 19 000 milliards en 2028, contre 17 626 milliards en 2026 et 16 794 milliards en 2025.

Des mesures de soutien à l’investissement et aux entreprises

Sur le plan législatif, le PLF 2026 propose une série de mesures visant à soutenir l’investissement et à dynamiser l’activité économique, notamment par la simplification des procédures fiscales, l’encouragement des start-ups, et le soutien aux exportateurs. Dans ce contexte, le projet de loi prévoit notamment de porter à deux ans, au lieu d’un an, la durée d’exonération fiscale accordée aux start-ups lors du renouvellement de leur label, et de reconduire les avantages fiscaux accordés aux incubateurs d’entreprises lors de chaque renouvellement de leur label.

Cette mesure vise à introduire des modifications profondes dans le régime fiscal applicable aux organismes d’accompagnement détenteurs du label « incubateur ».  Par ailleurs, afin d’encourager les entreprises et les exportateurs à participer à des événements économiques internationaux spécialisés, le projet de loi propose une prise en charge intégrale, et non partielle (entre 50 et 80%), de leurs frais de participation par le biais du Fonds spécial de promotion des exportations.

Le projet de loi de finances 2026 comprend également des dispositions douanières relatives à la micro-importation, permettant aux personnes exerçant cette activité de bénéficier de statut de l’auto-entrepreneur. Ainsi, les importations réalisées dans ce cadre sont soumises à un taux de droit de douane réduit de 5 % et sont exonérées de TVA, de droits de douane et autres taxes et redevances applicables à l’importation. De plus, le dédouanement est effectué au moyen d’une déclaration simplifiée auprès des douanes. Les contribuables exerçant une activité de micro-importation sont soumis à un taux d’imposition forfaitaire unique de 0,5 % par transaction d’importation.

Le projet prévoit également un allègement fiscal sur les intrants destinés à la fabrication des panneaux solaires photovoltaïques, en soumettant les opérations d’importation des matériaux utilisés dans cette activité au taux réduit des droits de douane de 5 %, dans le but de renforcer la structuration du tissu industriel national et de le rendre capable de répondre à la demande locale croissante, tout en soutenant les projets ambitieux que l’Algérie envisage de réaliser dans le domaine des énergies renouvelables.

Par Sirine R

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