En dépit d’une hausse légère des prix au mois d’octobre 2025: L’inflation reste stable, moins de 2%
Dans un contexte où la préservation du pouvoir d’achat demeure au cœur des priorités des pouvoirs publics, l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) constitue un baromètre essentiel de la conjoncture économique. Les dernières données publiées par l’Office national des statistiques (ONS) font état, au mois d’octobre 2025, d’une légère reprise des prix à la consommation dans la capitale, après le recul enregistré en septembre. Cette hausse mensuelle, essentiellement portée par les produits alimentaires, s’inscrit toutefois dans une dynamique annuelle marquée par un net ralentissement de l’inflation, résultat des politiques de régulation et de soutien mises en place par l’État.

Selon l’ONS, l’indice brut des prix à la consommation de la ville d’Alger a augmenté de 0,8 % en octobre 2025 par rapport au mois précédent. Cette évolution intervient après une baisse de 0,7 % en septembre 2025, traduisant un retournement de tendance à court terme. Elle contraste également avec la situation observée en octobre 2024, mois durant lequel les prix avaient légèrement reculé de 0,1 % par rapport à septembre de la même année.
La hausse légère enregistrée en octobre est principalement imputable à l’évolution des prix des biens alimentaires, qui ont progressé de 1,6 % sur un mois. L’ONS précise que cette augmentation est largement tirée par les produits agricoles frais, dont les prix ont bondi de 3,3 %, confirmant une nouvelle fois la forte sensibilité de l’IPC aux fluctuations de ce segment, souvent influencé par des facteurs saisonniers et climatiques.
Dans le détail, plusieurs produits de large consommation ont affiché des hausses significatives. Les légumes ont vu leurs prix augmenter de 11,4 %, tandis que les poissons ont enregistré une envolée notable de 24,2 %. Les œufs n’ont pas été en reste, avec une hausse de 22,3 %, alors que les viandes et abats de bœuf ont progressé plus modérément de 2,2 %. Ces évolutions traduisent des tensions ponctuelles sur certains marchés, liées notamment à l’offre, à la logistique et aux coûts de production.
À l’inverse, plusieurs produits ont contribué à atténuer la hausse globale des prix alimentaires. Les prix de la viande de poulet ont reculé de 2,3 %, tandis que ceux de la pomme de terre ont enregistré une baisse marquée de 7,5 %. Par ailleurs, les produits alimentaires industriels ont connu un léger repli de 0,3 %, reflétant notamment la baisse des prix de certaines denrées transformées.
Les produits manufacturés non alimentaires et les services se sont, quant à eux, caractérisés par une relative stabilité en octobre 2025 par rapport au mois précédent. Cette évolution modérée a joué un rôle important dans la limitation de l’ampleur de la hausse globale de l’indice des prix à la consommation dans la capitale. Corrigé des variations saisonnières, l’indice des prix à la consommation affiche une augmentation plus contenue de 0,3 % en octobre 2025 par rapport à septembre. Cet indicateur permet de mieux apprécier la tendance de fond de l’évolution des prix, en neutralisant l’effet des facteurs saisonniers récurrents.
Sur le plan annuel, les indicateurs confirment un net ralentissement de l’inflation. En octobre 2025, et comparativement au même mois de 2024, la variation des prix à la consommation à Alger ressort à -1,2 %, traduisant un recul global des prix sur un an. Le rythme d’inflation annuel, calculé sur la période allant de novembre 2024 à octobre 2025 par rapport à novembre 2023 – octobre 2024, s’établit à +1,7 %, un niveau jugé maîtrisé.
À l’échelle nationale, l’indice des prix à la consommation, établi à partir d’un échantillon de 17 villes et villages représentatifs des différentes régions du pays, a progressé de 1,2 % en octobre 2025 par rapport au mois précédent. Cette hausse est principalement due à l’augmentation de 2,2 % des prix des biens alimentaires, confirmant le rôle central de ce segment dans la dynamique inflationniste récente.
Par Réda Hadi
