22/07/2026
ACTUALITETOURISME

Développement du tourisme intérieur et saharien: Une nouvelle feuille de route en préparation

Le tourisme national s’apprête à connaître un tournant stratégique. Réunie avant-hier mardi au siège du ministère, Houria Maddahi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, a présidé une réunion de coordination réunissant l’ensemble des acteurs institutionnels du secteur, à savoir le Groupe Hôtellerie, Tourisme et Thermalisme (GHTT),  l’Office National Algérien du Tourisme(ONAT),  la Fédération Nationale de l’Hôtellerie et du Tourisme (FNHT), l’Association Nationale des Agents de Voyage (ANAV) et l’Office National du Tourisme (ONT) pour donner le coup d’envoi officiel à la mise en œuvre des directives du Président de la République en matière de développement touristique.

Devant les cadres du secteur, la ministre a insisté sur la nécessité d’élaborer un plan d’action « clair, global et réalisable », assorti de délais de mise en œuvre précis. L’ambition affichée est double : transformer le tourisme intérieur en une option privilégiée pour les familles algériennes, et faire du Sahara une destination internationale de premier plan. Pour le tourisme intérieur, l’objectif chiffré est explicite: doubler le taux d’affluence des touristes locaux vers des alternatives nationales de qualité, à des prix compétitifs.  En effet, le plan mise sur une diversification de l’offre : au-delà du modèle hôtelier classique, l’accent est mis sur les résidences touristiques, les villages de vacances, l’hébergement chez l’habitant et le camping familial, aussi bien dans les wilayas côtières que dans les régions intérieures.

Des forfaits familiaux à tarifs préférentiels, négociés avec les comités d’œuvres sociales des secteurs public et privé, viendront compléter ce dispositif. La modernisation numérique constitue un autre pilier majeur, avec le développement d’une plateforme unifiée de réservation et de paiement électronique, ainsi qu’un soutien affiché aux start-up spécialisées dans les technologies touristiques. En parallèle, des formations courtes seront déployées pour le personnel d’accueil, les accompagnateurs et les gestionnaires d’établissements, afin de rehausser la qualité de service à l’échelle nationale.

Le Sahara, vitrine touristique de l’Algérie à l’horizon 2029

Concernant le plan exécutif de développement du tourisme saharien, la ministre a affirmé que l’objectif est de faire du désert algérien la première destination du tourisme d’exploration, d’aventure, culturel et écologique en Afrique du Nord, compte tenu de la diversité géographique, culturelle et historique unique du Sahara algérien, en vue de bâtir un tourisme saharien durable et sécurisé, avec l’ambition d’attirer 1,5 million de touristes à l’horizon 2029. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont activés. Sur le plan des infrastructures, le ministère prévoit l’ouverture de liaisons aériennes directes depuis les capitales européennes et asiatiques vers les aéroports du Sud (Djanet, Tamanrasset, Adrar, Ouargla et Timimoun) ainsi qu’une intensification des vols intérieurs à tarifs incitatifs durant la haute saison saharienne, d’octobre à avril.

L’élargissement du visa à l’arrivée à davantage de wilayas, couplé à une procédure numérisée impliquant les agences agréées, doit également faciliter l’accès des voyageurs étrangers. Sur le plan de l’hébergement, la ministre a fixé une orientation forte : limiter la construction de grands complexes hôteliers en béton au cœur du désert, au profit de campements de luxe (glamping) et d’hôtels écologiques fonctionnant à l’énergie solaire, construits avec des matériaux locaux.

Une manière, selon elle, de préserver l’identité architecturale saharienne tout en offrant aux visiteurs une immersion authentique dans la culture et l’hospitalité locales. L’accueil chez l’habitant, notamment dans les ksour anciens et les maisons d’hôtes, est également encouragé. Le volet culturel n’est pas en reste, avec la structuration de circuits thématiques (aventure et camping dans le Hoggar et le Tassili, découverte des ksour et des foggaras, les célèbres systèmes d’irrigation traditionnels) ainsi que la pérennisation de grands rendez-vous comme le Festival du Sebeiba à Djanet, le Festival du Sbouâ à Timimoun ou le Rallye du Désert.

Enfin, la dimension environnementale occupe une place centrale : des normes strictes contre la pollution et les atteintes au patrimoine archéologique, notamment autour du site classé du Tassili n’Ajjer, ainsi qu’un recours généralisé aux énergies renouvelables dans les futurs investissements touristiques sahariens. En clôturant les travaux, la ministre Houria Maddahi a rappelé que la réussite de ce plan national repose sur une coordination étroite entre plusieurs départements ministériels (Tourisme, Intérieur, Transports, Culture et Environnement) mais aussi sur l’implication des associations locales, des offices de tourisme et de l’ensemble des acteurs de terrain, appelés à devenir des « partenaires essentiels » dans la conception et la mise en œuvre des programmes.

À travers cette double stratégie visant à dynamiser le tourisme domestique et ériger le Sahara en destination internationale durable,  l’Algérie affiche sa volonté de valoriser son patrimoine naturel et historique pour consolider l’image du pays en tant que destination touristique sûre et durable, tout en générant des retombées économiques et des emplois à l’échelle locale.

Par Reda Hadi

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *