Retrait des bus vétustes: Des associations saluent la décision de Tebboune
La tragédie routière qui a endeuillé le pays le 16 août, lorsqu’un bus de transport de voyageurs a chuté provoquant plusieurs morts et blessés, a ravivé le débat sur l’état du parc national des transports. Moins de vingt-quatre heures après le drame, une mesure forte a été annoncée : sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, tous les bus de transport de voyageurs vétustes, dont la durée de service dépasse trente ans, seront retirés de la circulation dans un délai de six mois.
Le ministère des Transports, qui a rendu publique cette décision, a précisé que les propriétaires de ces véhicules disposeront d’un délai légal pour les remplacer par des bus modernes, tout en assurant que toutes les facilités nécessaires leur seront accordées pour mener cette opération dans de bonnes conditions. En parallèle, les enquêtes sur les accidents de la route seront élargies, incluant désormais le contrôle des auto-écoles afin d’évaluer la qualité de la formation dispensée aux conducteurs.
Cette orientation a reçu un large soutien de la société civile. Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), a salué une « décision courageuse et nécessaire » qui permettra non seulement de moderniser le parc national de transport, estimé à plus de 220 000 véhicules dont 140 000 taxis et plus de 80 000 bus mais aussi de réduire les causes principales des accidents mortels. Selon lui, près d’un tiers de ce parc est vétuste et nécessite un renouvellement urgent. « La sécurité des voyageurs doit primer sur toute autre considération », a-t-il insisté, en adressant ses condoléances aux familles des victimes et ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.
De son côté, l’Association nationale El-Aman pour la protection des consommateurs a également exprimé son soutien à cette décision présidentielle, tout en rappelant que le problème de la sécurité routière ne peut être réglé par des mesures ponctuelles. Elle plaide pour une approche globale et intégrée, soulignant que l’Algérie enregistre chaque année plus de 4 000 décès et des dizaines de milliers de blessés sur ses routes, un chiffre qui place le pays parmi les plus touchés au monde par ce qu’elle qualifie de « terrorisme routier ».
Dans une feuille de route détaillée, l’association met en avant dix axes d’action allant de l’éducation à la sécurité routière dans les écoles, à la modernisation des infrastructures et au durcissement des sanctions, en passant par la réforme des auto-écoles, le contrôle technique rigoureux des véhicules et l’intégration des nouvelles technologies pour prévenir les accidents. Elle insiste également sur la nécessité de diversifier les modes de transport, afin de réduire la dépendance excessive à la voiture individuelle.
À travers ces réactions, un message clair se dégage : la lutte contre l’insécurité routière nécessite une volonté politique forte, appuyée par la société civile et les institutions. La décision du président Tebboune de retirer du parc national les bus vétustes s’inscrit dans cette logique, en ouvrant la voie à une modernisation du secteur. Mais pour de nombreuses associations, ce n’est qu’un premier pas vers une stratégie nationale durable et intégrée, capable de sauver des milliers de vies chaque année.
Par Mourad A.
