La réutilisation des eaux usées traitées s’impose progressivement comme un levier important de la politique de gestion de l’eau en Algérie. Face à la pression croissante exercée sur les ressources conventionnelles, notamment par le secteur agricole qui absorbe près de 70 % de ces ressources, le recours aux eaux épurées doit permettre de préserver l’eau potable et de réduire la sollicitation des barrages et des nappes phréatiques. Dans cette perspective, le parc national des stations d’épuration (STEP) sera renforcé avant la fin de 2026 avec la mise en service de 26 nouvelles installations. Cette opération portera le nombre total de stations à 261 unités, avec une capacité permettant de traiter plus de 742 millions de m³ d’eaux usées.

Pour Abdelaziz Laardjoum, directeur d’études au ministère de l’Hydraulique, la réutilisation des eaux épurées constitue un axe essentiel pour diversifier les ressources hydriques et répondre aux besoins croissants des différents secteurs. Il souligne que cette démarche permet de préserver davantage les ressources conventionnelles destinées à la consommation humaine, tout en orientant les eaux traitées vers des usages adaptés.
Selon les projections pour 2026, au moins 30 % des volumes traités devraient ainsi être réutilisés, notamment pour l’irrigation agricole et certains besoins industriels. « La valorisation des eaux usées traitées permet de réduire la pression sur les ressources conventionnelles et d’assurer une ressource supplémentaire pour les activités qui ne nécessitent pas d’eau potable », a expliqué M. Laardjoum lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale.
Cette orientation revêt une importance particulière pour l’agriculture, principal consommateur d’eau. Le développement de la réutilisation des eaux usées traitées doit ainsi contribuer à sécuriser l’irrigation de certaines superficies, tout en limitant les prélèvements dans les nappes et les barrages.
Il s’inscrit également dans une approche de gestion durable de la ressource, fondée sur la diversification des sources d’approvisionnement et une meilleure valorisation de chaque mètre cube disponible. À terme, l’extension du réseau de stations d’épuration et l’augmentation des volumes réutilisés doivent permettre à l’Algérie de faire des eaux usées traitées une composante à part entière de son système hydrique, notamment pour répondre aux besoins agricoles et industriels.
Par Selma R.



