02/04/2026
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Sécurité des systèmes d’information : La stratégie nationale 2025-2029 dévoilée

L’Agence de la Sécurité des Systèmes d’Information du ministère de la Défense nationale a publié, mardi, la première édition de la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029, un document structurant approuvé par le président de la République, Chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, Abdelmadjid Tebboune. Cette stratégie constitue désormais le référentiel officiel en matière de cybersécurité pour les quatre prochaines années.

À l’heure où la transformation digitale s’impose comme un moteur de modernisation de l’État et de diversification économique, l’Algérie entame une nouvelle phase de structuration de son cyberespace. La Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029 établit un cadre global destiné à protéger les infrastructures numériques, à sécuriser les données sensibles et à renforcer la résilience nationale face à des menaces en constante évolution.

La digitalisation des services publics, la généralisation des plateformes électroniques, l’interconnexion des administrations et le développement des systèmes industriels connectés exposent en effet le pays à des risques cybernétiques de plus en plus complexes. Les attaques par rançongiciel, les tentatives d’espionnage, les perturbations de services essentiels ou encore les atteintes aux bases de données stratégiques constituent désormais des scénarios crédibles. Dans ce contexte, la cybersécurité dépasse le simple cadre technique pour devenir un enjeu majeur de sécurité nationale et de souveraineté.

La stratégie 2025-2029 repose sur une vision structurante : bâtir une cyber-résilience nationale. Il s’agit de mettre en place un dispositif capable non seulement de prévenir et de détecter les attaques, mais aussi d’y répondre efficacement et d’assurer la continuité des activités critiques en cas d’incident majeur. L’objectif est clair : garantir le fonctionnement ininterrompu des services essentiels de l’État et de l’économie, même dans un environnement numérique hostile.

Les principaux axes

Le premier axe de la stratégie porte sur la protection des infrastructures critiques. Les secteurs de l’énergie, des télécommunications, des finances, de la santé, des transports, de l’eau et des administrations stratégiques font l’objet d’une attention particulière. Il est question d’identifier les systèmes sensibles, d’évaluer les vulnérabilités, d’imposer des normes de sécurité renforcées et de déployer des dispositifs permanents de surveillance. La sécurisation des centres de données, la segmentation des réseaux et la gestion rigoureuse des accès figurent parmi les mesures techniques retenues. Le deuxième axe concerne le renforcement du cadre juridique et organisationnel.

La stratégie prévoit l’actualisation des textes réglementaires, la clarification des responsabilités institutionnelles et l’amélioration des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics. L’enjeu consiste à instaurer une gouvernance cohérente de la cybersécurité, fondée sur des standards harmonisés et des obligations claires en matière de conformité et d’audit.

Le troisième volet accorde une place centrale au développement des compétences. La cybersécurité repose avant tout sur le capital humain. La stratégie encourage la formation spécialisée, la création de filières académiques dédiées, le soutien à la recherche scientifique et l’émergence d’un écosystème d’innovation dans le domaine de la sécurité numérique. Parallèlement, la sensibilisation des agents publics, des entreprises et des citoyens demeure essentielle afin de réduire les vulnérabilités liées aux comportements à risque.

Le quatrième axe met, en outre, l’accent sur la coopération et le partage d’information. Au niveau national, la stratégie prévoit le renforcement des mécanismes d’échange d’alertes entre institutions ainsi qu’une collaboration étroite entre le secteur public et le secteur privé, notamment pour la protection des opérateurs d’importance vitale. À l’international, la participation aux cadres de coopération régionaux et multilatéraux est envisagée comme un levier déterminant pour anticiper les menaces transfrontalières et bénéficier d’expertises partagées.

Au-delà de ces axes, la stratégie s’inscrit dans une logique d’accompagnement de la transformation numérique du pays. Elle ne vise pas à freiner l’innovation, mais à l’encadrer et à la sécuriser. La protection des systèmes d’information devient ainsi une condition préalable au développement du commerce électronique, des services numériques, de l’administration en ligne et de l’économie de la donnée.

La période 2025-2029 apparaît dès lors comme une phase charnière, marquée par la volonté de passer d’une approche fragmentée de la cybersécurité à une architecture nationale intégrée, capable d’anticiper les risques et de protéger durablement les intérêts stratégiques du pays. En érigeant la sécurité des systèmes d’information en priorité nationale, l’Algérie entend consolider son indépendance numérique et inscrire sa transformation digitale dans un cadre maîtrisé, résilient et souverain.

Par Selma R.

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