03/04/2026
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Situation économique de l’Algérie à l’automne 2025: La Banque mondiale relève des performances solides

La Banque mondiale dresse, dans son rapport économique de l’automne 2025, un diagnostic globalement positif de la conjoncture algérienne, marquée par une croissance soutenue, une inflation en nette décélération et une dynamique hors hydrocarbures qui continue de porter l’activité. Tout en saluant ces performances, l’institution financière souligne néanmoins les défis persistants liés aux équilibres budgétaires, à la diversification économique et aux risques climatiques.

Selon le document intitulé « Algérie : Répondre aux défis climatiques et soutenir le développement durable », l’économie nationale devrait enregistrer une croissance de 3,8 % en 2025, après un premier semestre particulièrement vigoureux avec un taux de 4,1 %. Cette progression s’appuie surtout sur l’essor des secteurs hors hydrocarbures, dont la croissance est estimée à 5,4 %, soutenue par le dynamisme de l’industrie et des services. Pour 2026 et 2027, la Banque mondiale anticipe une évolution plus modérée, avec des taux respectifs de 3,5 % et 3,3 %. Malgré ce tableau encourageant, le rapport attire l’attention sur des déséquilibres macroéconomiques qui restent significatifs. Le déficit budgétaire devrait atteindre -14,5 % du PIB en 2025, conséquence de la baisse des recettes d’hydrocarbures et de la hausse des dépenses publiques, notamment salariales et sociales. Le déficit du compte courant, quant à lui, est projeté à -6,6 % du PIB, un niveau qui s’explique par le recul des prix internationaux du pétrole et du gaz ainsi que par l’augmentation des importations liées aux investissements.

L’inflation constitue en revanche l’un des principaux points de satisfaction. Avec un taux limité à 1,7 % sur les neuf premiers mois de l’année, le pays enregistre l’une des baisses les plus marquées de la région, grâce au recul des prix alimentaires et à la stabilité du taux de change. Les réserves de change restent également à un niveau jugé confortable, équivalant à 15 mois d’importations à fin 2024, même si elles ont légèrement diminué par rapport à l’année précédente. Le rapport rappelle aussi la forte dépendance structurelle de l’économie aux hydrocarbures : ceux-ci représentaient encore, sur la période 2019-2023, 83 % des recettes d’exportation, 47 % des recettes budgétaires et 14 % du PIB. Cette vulnérabilité complique l’adaptation du pays aux transformations mondiales, notamment à l’émergence de politiques climatiques plus strictes, telles que le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’Union européenne, qui entrera pleinement en vigueur en 2026.

Face à ces mutations, la Banque mondiale insiste sur l’importance d’accélérer les réformes structurelles. Elle recommande d’améliorer le climat des affaires, d’élargir l’accès au financement, de stimuler la concurrence et de renforcer les capacités du secteur privé, appelé à devenir le principal moteur d’une croissance durable et créatrice d’emplois. Le rapport met également en avant la nécessité d’intégrer de manière plus systématique les enjeux climatiques dans la planification du développement. L’Algérie est invitée à renforcer ses dispositifs de prévention des risques, à améliorer la gestion durable de l’eau et des forêts, et à investir davantage dans l’adaptation au changement climatique.

L’Algérie appelée à intensifier ses efforts de décarbonation

L’Algérie est aujourd’hui appelée à intensifier ses efforts de décarbonation, un impératif devenu stratégique à l’heure où les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, renforcent leurs exigences environnementales. Avec la mise en œuvre progressive du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) dès 2026, le pays doit accélérer la modernisation de son industrie, réduire l’empreinte carbone de ses exportations et développer des solutions énergétiques plus propres. Cette transition nécessite une meilleure efficacité énergétique, la promotion des énergies renouvelables, la capture du carbone et l’amélioration des procédés industriels. Au-delà d’un simple enjeu climatique, il s’agit pour l’Algérie de préserver sa compétitivité, d’assurer la pérennité de ses débouchés commerciaux et de s’inscrire pleinement dans les standards internationaux qui redessinent l’économie mondiale.

Par M. A.

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