03/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Sommet du G20 : Tebboune appelle à une action urgente sur la dette

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a renouvelé samedi son appel à un traitement urgent de la question du poids de l’endettement et du service de la dette pesant sur les pays en développement et les pays les plus pauvres. Il a proposé une approche incluant l’effacement d’une partie de cette dette ou sa conversion en investissements directs et utiles dans ces pays.

Dans un message adressé aux participants au Sommet du G20 tenu à Johannesburg, en Afrique du Sud, et lu par le Premier ministre Sifi Ghrieb,  a insisté sur le niveau d’endettement élevé des pays à faible revenu, qu’il qualifie de « menace pour la communauté internationale ». Ces questions, dira-t-il, exigent que nous poursuivions la réflexion sur des plans et initiatives internationales fondés sur la solidarité, afin de produire des résultats concrets et tangibles répondant aux aspirations de nos peuples.  Tebboune a renouvelé l’appel de l’Algérie à une action urgente sur la dette : réduire son fardeau ou la convertir en investissements directs et rentables dans les pays concernés.

Il a souligné que la dette n’est pas seulement un problème quantitatif, mais qu’elle est rendue particulièrement lourde par des aspects techniques liés à l’évaluation des risques appliqués par les institutions financières internationales. Le problème de la dette ne réside pas seulement dans son volume, mais surtout dans les aspects techniques liés aux politiques d’évaluation des risques par les institutions financières internationales, qui rendent le service de la dette lourd pour les économies de ces pays. Conscients de ces complexités techniques, nous appelons à des réformes profondes permettant de trouver une issue pour les pays écrasés par les dettes souveraines.

« Nous appelons à des réformes profondes permettant de trouver une issue pour les pays écrasés par les dettes souveraines », indique-t-il, soulignant que « l’Algérie a déjà procédé à l’effacement des dettes de 18 pays africains afin d’alléger leur fardeau ; cette initiative montre notre volonté de contribuer concrètement à la solution ».

Réforme des institutions financières

Le président Tebboune a appelé à une refonte des institutions financières internationales. Il plaide pour une gouvernance plus juste : « Il est nécessaire d’assurer une représentation équitable, transparente et respectueuse des pays en développement et du continent africain dans les organes de décision ». Selon lui, la montée démographique et économique de l’Afrique doit se traduire par un poids accru dans ces structures de gouvernance. Sur le plan de la transition écologique, Tebboune a encouragé la mobilisation de financements internationaux pour permettre aux pays pauvres d’accéder aux technologies d’énergie verte. Il a aussi soutenu la création de partenariats bilatéraux ou multilatéraux pour accélérer ce virage énergétique : « Ensemble, nous pouvons réaliser un bond historique dans ce domaine ».

Par ailleurs, il a appuyé l’idée d’un mécanisme de financement pour la réponse rapide aux catastrophes, activable dès qu’un pays en fait la demande, réfléchissant à un modèle où les institutions financières internationales pourraient intervenir plus efficacement.

Tebboune a par ailleurs exprimé son soutien à l’idée d’intégrer l’Union africaine au G20, arguant que cela renforcerait la voix du continent dans les décisions économiques mondiales. « Mon pays salue chaleureusement l’adhésion de l’Union africaine au G20, convaincu que cette intégration permettra de défendre les intérêts du continent africain dans les forums internationaux et de faire connaître au monde et aux pays les plus avancés la vision africaine des questions économiques internationales, notamment le financement du développement, l’accès aux marchés mondiaux et les transferts technologiques », indique-t-il, soulignant le rôle stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) pour favoriser la croissance, l’intégration et l’exploitation équitable des ressources.

Le partenariat gagnant entre l’Afrique et le G20 trouvera naturellement sa place au sein de la ZLECAF, qui revêt une importance particulière pour les pays africains afin de développer l’intégration et la coopération régionales et de promouvoir la croissance inclusive et durable du continent. Sur un autre registre, le président a affirmé que l’Algérie se joint également « aux appels internationaux pour lutter contre les flux financiers illicites en provenance d’Afrique et pour un usage équitable des ressources minérales pour le développement des pays africains, ces ressources étant présentes sur le sol africain et appartenant avant tout aux Africains ».

L’un des moments forts de son discours a été son soutien appuyé au peuple palestinien. Tebboune condamne « les atrocités commises contre les Palestiniens » comme un « génocide systématique » et appelle les membres du G20 à lancer une mobilisation générale pour reconstruire Gaza et offrir un avenir meilleur aux Palestiniens.  « Il est amer de constater que les exactions infligées au peuple palestinien sont rarement vues dans l’histoire de l’humanité. Nous espérons donc que les pays du G20 seront les premiers à lancer une mobilisation générale pour construire un avenir meilleur », a-t-il conclu.

Par Sirine R.

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