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L’Algérie confirme son attractivité auprès des grandes compagnies pétrolières et gazières américaines, dans un contexte marqué par la volonté de renforcer les partenariats énergétiques bilatéraux et de mobiliser de nouveaux investissements dans l’exploration et la valorisation des ressources nationales.

Les récents échanges entre Sonatrach et les groupes américains Occidental Petroleum (Oxy) et ExxonMobil, ainsi que l’implication des autorités américaines dans la promotion des opportunités d’investissement en Algérie, témoignent de cette dynamique. La coopération algéro-américaine dans le domaine des hydrocarbures connaît ainsi une nouvelle impulsion, portée par les perspectives offertes par le potentiel gazier national, les besoins en technologies avancées et l’intérêt croissant des majors américaines pour les ressources énergétiques de la région méditerranéenne.

La visite de travail effectuée aux États-Unis par le président-directeur général de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, du 12 au 16 octobre, illustre cette orientation. À Houston, le responsable du groupe public a rencontré son homologue d’Occidental Petroleum, Richard Jackson, afin d’examiner les relations de partenariat entre les deux compagnies et les perspectives de leur développement.

Selon un communiqué de Sonatrach, les discussions ont notamment porté sur les activités d’Oxy dans le bassin de Berkine, les possibilités de coopération et les opportunités de développement à court, moyen et long termes. Les deux parties ont également abordé l’expertise de la compagnie américaine dans le développement des ressources non conventionnelles, les techniques innovantes de récupération assistée des hydrocarbures (EOR) et l’utilisation de canalisations en matériaux non métalliques.

En effet, cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’une coopération de longue date entre Sonatrach et Oxy, particulièrement dans le bassin de Berkine. En 2022, les deux groupes ont signé, en partenariat avec Eni et TotalEnergies, un contrat d’hydrocarbures portant sur les périmètres 404 et 208.

En octobre 2024, ils ont conclu un protocole d’accord relatif aux activités d’exploration et d’évaluation sur le périmètre de Berkine-Centre. En avril 2025, deux accords de coopération technologique ont également été signés, portant sur l’étude des réservoirs carbonatés complexes et le développement des techniques de récupération assistée du pétrole.

La poursuite de ces échanges traduit la volonté des deux compagnies de consolider leur partenariat et d’améliorer les performances de production, tout en tirant profit des avancées technologiques susceptibles de contribuer à une meilleure valorisation des ressources nationales.

ExxonMobil mise sur le potentiel gazier algérien

L’intérêt des groupes américains ne se limite pas à Oxy. ExxonMobil, l’un des principaux acteurs mondiaux du secteur énergétique, a également réaffirmé son intérêt pour le marché algérien, notamment pour les perspectives offertes par les ressources gazières conventionnelles et non conventionnelles.

En mai 2026, le vice-président chargé de l’exploration du groupe, John Ardill, avait souligné l’intérêt d’ExxonMobil pour l’Algérie et le bassin méditerranéen, dans le cadre de sa stratégie de diversification géographique de ses ressources. Le responsable avait notamment évoqué le potentiel du gaz non conventionnel algérien, estimé à environ 7 000 milliards de mètres cubes, ainsi que la possibilité d’une production additionnelle de l’ordre de 20 milliards de mètres cubes par an.

Ces perspectives s’inscrivent dans le prolongement du protocole d’accord signé en 2024 entre ExxonMobil et Sonatrach, portant sur le développement des bassins d’Ahnet et de Gourara, dans le Sud-Ouest algérien. Les travaux d’exploration et d’évaluation devront permettre de préciser le potentiel exploitable de ces zones, avant toute décision définitive d’investissement.

Pour la major américaine, l’Algérie représente une opportunité de diversification de son portefeuille de ressources et de développement d’actifs situés à proximité du marché européen. Pour Sonatrach, cette coopération peut favoriser l’accès à des technologies avancées et à une expertise internationale dans l’évaluation et la mise en valeur des ressources énergétiques.

Washington encourage les investissements américains

Cette dynamique industrielle s’accompagne d’un intérêt accru des autorités américaines pour l’élargissement des relations économiques avec l’Algérie. Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a fait état, hier samedi, d’une rencontre « productive » avec des représentants d’ExxonMobil consacrée aux investissements américains et à l’élargissement des opportunités commerciales en Algérie et en Libye.

Dans une publication sur la plateforme X, le responsable américain a présenté ExxonMobil comme « un partenaire de valeur dans le cadre des efforts du gouvernement américain visant à créer de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines dans le secteur énergétique en Afrique du Nord, à renforcer nos liens économiques ». Cette orientation s’inscrit dans une séquence de rapprochement entre Alger et Washington. Lors de sa visite en Algérie en septembre dernier, Massad Boulos avait rencontré plusieurs responsables algériens, dont le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et le président-directeur général de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi. Les échanges avaient notamment porté sur le renforcement de la coopération économique et énergétique.

La tenue de la 19e édition de l’Algerian Energy Day, le 15 octobre à Lake Charles, en Louisiane, en marge d’une conférence consacrée au gaz naturel liquéfié (GNL), a constitué une autre occasion de mettre en avant le potentiel énergétique algérien auprès des acteurs américains. La participation de plusieurs entreprises américaines de premier plan, dont Oxy, ExxonMobil, Halliburton, Baker Hughes, HGR et Hecate Energy, a illustré l’intérêt porté aux perspectives d’investissement dans le secteur énergétique algérien. À cette occasion, l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis, Sabri Boukadoum, a souligné l’importance stratégique de l’énergie dans le partenariat économique entre les deux pays, ainsi que les possibilités de renforcer la coopération, d’attirer les investissements et de développer de nouveaux partenariats dans les hydrocarbures, les technologies, l’innovation et la transition énergétique.

Par Z R.

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